La « star » des mondiaux sera Montréal, promet le réalisateur Jean-Maurice Ooghe
Le Français est à l'origine de la spectaculaire couverture visuelle du Tour de France chaque année..
Jean-Maurice Ooghe, réalisateur français de 70 ans, est le maître d'œuvre de la diffusion télévisuelle des Championnats du monde de cyclisme sur route de Montréal en 2026. Il a acquis une renommée internationale en supervisant 23 éditions du Tour de France entre 1997 et 2019. Son approche cinématographique, comparée par son équipe à celle d'Alfred Hitchcock, consiste à transformer une course cycliste en un récit visuel captivant. Pour cela, il prépare un séquencier, c'est-à-dire un plan détaillé de chaque plan de caméra avant l'événement, comme on le ferait pour un film. Cette méthode permet de raconter à la fois l'histoire de la course et celle de la ville hôte, Montréal, qu'il souhaite mettre en valeur à travers ses monuments, son fleuve Saint-Laurent et ses quartiers emblématiques. Ooghe considère Montréal comme la véritable star des mondiaux, bien plus que les cyclistes eux-mêmes.
Jean-Maurice Ooghe applique une méthode rigoureuse pour la diffusion des courses cyclistes, inspirée du cinéma. Avant l'événement, il établit un séquencier, un document qui décrit précisément chaque plan à filmer, comme un scénario. Contrairement à d'autres sports où les caméras sont placées à l'avance, en cyclisme, le réalisateur doit constamment ajuster les angles de vue en temps réel. Par exemple, il peut suivre un groupe de cyclistes en tête de course tout en surveillant une chute ou une attaque à l'avant du peloton. Pour cela, il dirige une équipe de techniciens, dont des switchers (ou aiguilleurs au Québec), responsables de la sélection des images à diffuser. Ooghe compare son rôle à celui d'un chef d'orchestre, où chaque membre de l'équipe doit jouer sa partition à la perfection pour créer un spectacle télévisuel harmonieux.
La diffusion des Championnats du monde de cyclisme repose sur un dispositif technique complexe impliquant plusieurs types de caméras et de véhicules. Les motos, pilotées par des duos (un motard et un caméraman), suivent les cyclistes de près pour capturer des images dynamiques. Ces motos émettent leurs images vers un avion qui survole la course, lequel retransmet ensuite les signaux à une antenne installée sur une grue. Enfin, les images arrivent au camion de régie où Ooghe, assis devant plusieurs écrans, sélectionne celles à diffuser. Ce système permet de couvrir l'intégralité du parcours, même en cas de changements imprévus dans la course. Les hélicoptères et les caméras fixes complètent ce dispositif pour offrir une couverture complète et immersive.
Pour Jean-Maurice Ooghe, Montréal n'est pas seulement une ville hôte, mais la véritable star des Championnats du monde de cyclisme 2026. Il souhaite mettre en avant ses paysages urbains, son fleuve Saint-Laurent et ses monuments emblématiques, comme la vieille ville ou les ponts, pour créer une identité visuelle forte. Ooghe a déjà travaillé avec des Québécois lors de précédentes éditions des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal, et il considère cette mission comme une opportunité de faire découvrir la ville au monde entier. Il insiste sur l'importance de placer la course dans son décor naturel, afin que les téléspectateurs se souviennent de Montréal après l'événement. Cette approche s'inscrit dans une tradition où il a toujours cherché à montrer les paysages et les monuments lors des retransmissions cyclistes.
Avec 25 ans d'expérience dans la diffusion du cyclisme, Jean-Maurice Ooghe a vu évoluer les techniques de retransmission. Il souligne que la haute définition a révolutionné la qualité des images, permettant de distinguer des détails comme la texture des champs de blé ou des pierres de châteaux, contrairement aux archives anciennes où les images étaient souvent brouillées. Ooghe apprécie désormais un rythme de travail moins intense qu'au Tour de France, où il devait gérer des étapes quotidiennes sur plusieurs semaines. Pour les mondiaux de Montréal, il se concentre sur un seul événement, ce qui lui permet d'explorer de nouveaux lieux, comme le Rwanda lors des mondiaux 2023. Son objectif reste de raconter une histoire à travers la course, en anticipant les rebondissements et en créant du suspense pour les téléspectateurs.

