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Géopolitique

Au-delà de Bab El-Mandeb, la Corne de l’Afrique sous la menace des houthistes

Courrier International · mis à jour il y a 5 j

La prise de contrôle par le groupe rebelle yéménite du détroit de Bab El-Mandeb lui confère une capacité d’influence sur le transport maritime mondial, mais aussi sur les économies de la région, déjà touchées par la fermeture du détroit d’Ormuz. Les tensions et les conflits moyen-orientaux risquent désormais de s’étendre vers la Corne de l’Afrique..

Prise stratégique du détroit

Le 12 septembre 2026, les houthistes, un groupe rebelle yéménite soutenu par l’Iran, ont lancé une offensive éclair pour s’emparer du détroit de Bab El-Mandeb. Ce détroit, situé entre le Yémen et Djibouti, est un point de passage maritime crucial, reliant la mer Rouge à l’océan Indien. En contrôlant ce verrou, les houthistes disposent désormais d’un levier de pression majeur sur les pays de la péninsule Arabique et sur le commerce mondial. Leur avancée leur a permis de prendre le contrôle de la ville de Moka et de l’île de Mayoun, renforçant leur emprise sur le littoral yéménite. Cette situation a des répercussions directes sur les pays africains riverains de la mer Rouge, notamment Djibouti et l’Érythrée, dont les côtes bordent la rive occidentale du détroit.

Risques humanitaires immédiats

L’offensive des houthistes a provoqué des déplacements massifs de population en moins de 24 heures. Plus de 2 000 personnes ont fui le Yémen pour se réfugier à Obock, une ville située à Djibouti, située à seulement 20 kilomètres des côtes yéménites. L’ONU a alerté sur une possible augmentation de ces déplacements en cas d’intensification des combats. Cette crise humanitaire s’ajoute aux tensions économiques déjà présentes dans la région. Djibouti, en particulier, subit une pression accrue, comme l’a souligné son ministre des Finances, Ilyas Dawaleh, le 13 septembre 2026. Il a décrit la situation comme « de plus en plus difficile » pour son pays, sans préciser davantage les raisons de cette difficulté.

Enjeux économiques régionaux

La prise du détroit de Bab El-Mandeb par les houthistes a des conséquences économiques majeures pour les pays riverains de la mer Rouge. Ce détroit est une route maritime essentielle pour le commerce mondial, notamment pour le transport de pétrole et de marchandises entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Les pays de la région, comme Djibouti, dépendent fortement de cette voie pour leur stabilité économique. La situation actuelle menace donc non seulement leur sécurité, mais aussi leur croissance. Les déclarations du ministre des Finances de Djibouti reflètent cette inquiétude, bien que l’article ne détaille pas les impacts économiques spécifiques.

Ce que ça pourrait changer

L’escalade militaire des houthistes s’inscrit dans un contexte géopolitique déjà fragile. Les conflits en Iran et à Gaza ont contribué à une recrudescence des tensions dans la région. Les houthistes, alliés à l’Iran, renforcent leur position stratégique en mer Rouge, ce qui pourrait aggraver les rivalités entre puissances régionales. Leur contrôle du détroit de Bab El-Mandeb leur permet de peser sur les décisions politiques et économiques des pays voisins, tout en accentuant les risques de conflits armés. Cette dynamique régionale est surveillée de près par la communauté internationale, notamment en raison de son impact potentiel sur la stabilité mondiale.

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