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La France dit non au FSD de Tesla mais veut des véhicules autonomes homologués dès 2027

Next.ink · mis à jour il y a 14 j

Alors que plusieurs pays européens viennent de donner leur feu vert, le ministre des Transports Philippe Tabarot explique que la France n’est pas encore disposée à autoriser la conduite assistée de Tesla, dite FSD pour Full Self Driving. Il affirme vouloir se ranger derrière le cadre réglementaire européen, et dit vouloir des véhicules autonomes homologués […].

France et FSD de Tesla

La France refuse actuellement d’autoriser le mode Full Self Driving (FSD) de Tesla, une fonctionnalité présentée comme une conduite automatique supervisée. Contrairement à une conduite totalement autonome, le FSD nécessite que le conducteur reste attentif et prêt à reprendre le contrôle à tout moment. Le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, a confirmé cette position le 22 juillet 2024 lors d’une vidéo diffusée sur la plateforme Agora, en réponse à une question d’un internaute. Plusieurs pays européens, dont les Pays-Bas, la Lituanie, l’Estonie, le Danemark et la Belgique, ont déjà donné leur accord pour utiliser ce système, mais la France attend des garanties supplémentaires en matière de sécurité avant de suivre leur exemple.

Raisons du refus français

Le ministre Philippe Tabarot a justifié le refus français par deux principaux problèmes liés au FSD. D’abord, il a souligné que le système pouvait permettre aux véhicules de dépasser les limites de vitesse autorisées. Par exemple, il a cité des cas où le FSD roulait jusqu’à 50 % au-dessus de la limite, simplement parce que le trafic autour du véhicule le faisait. Ensuite, il a pointé du doigt le manque de fiabilité dans la surveillance active du conducteur par Tesla. Le système est censé garantir que le conducteur reste attentif lors de manœuvres comme les changements de voie, mais le ministre craint que les conducteurs ne se déconcentrent, ce qui pourrait entraîner des accidents graves. Il a rappelé que, en cas d’erreur du système, la responsabilité pénale incombe toujours au conducteur.

Objectif français 2027

Malgré ce refus, la France ne rejette pas définitivement la technologie. Philippe Tabarot a indiqué que le pays soutient le développement des véhicules autonomes et attend des évolutions du FSD pour une future homologation. Il a rappelé que la France mène des expérimentations sur le sujet depuis plus de dix ans, avec plus de 200 tests réalisés depuis 2015. Le ministre a fixé un objectif ambitieux : homologuer des véhicules autonomes en France dès 2027. Pour y parvenir, il mise sur un cadre réglementaire strict et une évaluation rigoureuse des systèmes, afin de garantir un haut niveau de sécurité pour les usagers.

Réaction d’Elon Musk

Le patron de Tesla, Elon Musk, a réagi vivement aux déclarations du ministre français. Sur le réseau social X, il a estimé que retarder l’homologation du FSD en France pourrait « coûter des vies ». Pour lui, cette décision freine l’innovation et prive les conducteurs français des bénéfices de la technologie. Tesla présente le FSD comme un système sept fois plus sûr qu’un conducteur humain, grâce à des milliards de kilomètres de données collectées. Le constructeur mise sur cette technologie pour son projet de robotaxi (ou Cybercab), une voiture autonome destinée à être utilisée comme taxi sans conducteur.

Performances et limites du FSD

Aux États-Unis, Tesla a rapporté 207 accidents impliquant des véhicules en mode FSD pour le seul mois de mai 2026, selon la NHTSA (l’agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière). Ces chiffres, bien que élevés, restent inférieurs à ceux des accidents impliquant des conducteurs humains. Cependant, le média Electrek souligne un paradoxe : plus le système s’améliore et plus les conducteurs se reposent sur lui, plus le nombre d’accidents augmente. Cela s’explique par une forme de déresponsabilisation des conducteurs, qui délèguent de plus en plus les manœuvres à la machine, alors même que la technologie n’est pas encore parfaitement fiable.

Ce que ça pourrait changer

Le FSD représente un levier commercial majeur pour Tesla. Au deuxième trimestre 2026, l’entreprise comptait 1,48 million d’abonnés actifs au FSD sur un total de 9,7 millions de véhicules livrés depuis son lancement. En Amérique du Nord, plus de 55 % des nouvelles livraisons incluaient un abonnement au FSD, facturé 99 € par mois. L’homologation de ce système dans de nouveaux pays, comme aux Pays-Bas ou en Lituanie, a boosté les ventes et l’intérêt des clients. Tesla a parcouru plus de 50 millions de kilomètres en mode FSD dans les pays où il est autorisé, confirmant l’attrait pour cette technologie malgré les controverses.

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