Caquistes et libéraux en désaccord sur la portion du budget à accorder à la santé publique
Le PLQ veut que la prévention soit 5% du budget en santé, mais il faudrait «en prendre ailleurs», prévient la CAQ..
Lors d’un débat électoral organisé à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), les partis politiques québécois ont échangé sur le budget alloué à la santé publique et à la prévention. La Coalition avenir Québec (CAQ), actuellement au pouvoir, et le Parti libéral du Québec (PLQ) ont exposé des positions opposées. La CAQ, représentée par la ministre sortante de la Santé Sonia Bélanger, a rappelé que le Québec consacre actuellement environ 1,8 milliard de dollars à la santé publique, soit 1,7 % de son budget total en santé. Elle a souligné que cette somme est déjà investie, mais que les besoins dans d’autres secteurs, comme les CLSC (Centres locaux de services communautaires) ou le soutien à domicile, sont tout aussi pressants. La CAQ critique l’idée du PLQ d’augmenter la part de la prévention à 5 % du budget en santé, en argumentant que cela nécessiterait de réduire les budgets ailleurs, une approche qualifiée de vases communicants par la ministre.
Le Parti libéral du Québec (PLQ), représenté par le député Monsef Derraji, défend l’idée d’une augmentation significative du budget alloué à la prévention en santé. Il propose de porter cette part à 5 % du budget total en santé, contre 1,7 % actuellement. Pour justifier cette position, le PLQ met en avant la nécessité de changer de paradigme en matière de santé publique, en insistant sur l’importance de la prévention pour réduire les coûts à long terme. Monsef Derraji a rappelé que des coupes budgétaires en santé publique avaient déjà été réalisées par d’anciens gouvernements libéraux, mais a insisté sur la nécessité de se projeter vers l’avenir. Le débat a révélé une divergence claire entre les deux partis : pour la CAQ, la priorité est de maintenir un équilibre entre tous les secteurs de la santé, tandis que le PLQ souhaite une réallocation des fonds au profit de la prévention.
Le Parti québécois (PQ), représenté par Camille Pellerin-Forget, a proposé d’ajouter 550 millions de dollars sur quatre ans pour la santé publique et la prévention. Le parti a également souligné l’importance d’agir sur les déterminants sociaux de la santé, comme le logement, en faisant de la lutte contre l’itinérance un chantier prioritaire. De son côté, Québec solidaire (QS), avec David Poulin-Latulippe, a promis de doubler le budget en prévention et de créer un réseau de 400 points de service inspirés des CLSC, avec un investissement de 1,8 milliard de dollars sur huit ans pour embaucher du personnel. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) n’a pas participé au débat.
Ce débat s’inscrit dans le cadre des *élections québécoises de 2026*, où la santé publique est un thème central. Les partis s’affrontent sur la meilleure façon d’allouer les ressources limitées du système de santé québécois. La santé publique désigne l’ensemble des actions visant à protéger et améliorer la santé de la population, tandis que la prévention consiste à éviter l’apparition de maladies ou de problèmes de santé. Les CLSC, ou Centres locaux de services communautaires, sont des établissements publics offrant des soins de première ligne, comme des consultations médicales ou des services sociaux. Le débat a mis en lumière les tensions entre les besoins immédiats du réseau de santé et les investissements à long terme pour améliorer la santé globale de la population.

