Alerte climatique : le rythme du réchauffement a doublé – on pourrait dépasser les 1, 5°C dès 2028
Le climat se réchauffe, personne n'en doute plus. Mais le rythme, lui, n'est plus celui qu'on croyait.
Entre 2011 et 2025, la température moyenne mondiale a augmenté de 0,40 °C par décennie, soit deux fois plus vite que sur la période 1971-2025 où le rythme était de 0,20 °C par décennie. Cette accélération brutale signifie que le réchauffement climatique s’emballe, bien au-delà des prévisions antérieures. Les chercheurs de l’université du Kansas, auteurs de l’étude publiée le 8 octobre 2026 dans npj Climate and Atmospheric Science, soulignent que ce doublement du rythme n’est pas un phénomène temporaire mais une tendance solide, confirmée par les relevés thermométriques mondiaux. Si cette tendance se maintient, la planète pourrait gagner près de 4 °C en un siècle, un scénario bien plus inquiétant que les projections précédentes.
L’accélération du réchauffement rapproche dangereusement le seuil critique de 1,5 °C, souvent cité comme objectif international pour limiter les impacts du changement climatique. Selon l’étude, ce seuil pourrait être franchi dès 2028, soit près de dix ans plus tôt que prévu initialement. Les modèles climatiques utilisés jusqu’ici anticipaient ce dépassement plutôt au début des années 2030. Ce décalage de près d’une décennie réduit considérablement la marge de manœuvre pour agir. Les deux chercheurs insistent sur l’urgence de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre pour éviter que ce seuil ne devienne une réalité permanente avant la fin de la décennie.
L’augmentation des températures n’est pas uniforme sur la planète. Trois régions se distinguent par une accélération particulièrement marquée du réchauffement : l’Asie de l’Est, le Pacifique nord et les latitudes moyennes de l’Eurasie. Une quatrième zone, située entre l’Atlantique sud et l’Antarctique, connaît également une hausse rapide des températures. Ces foyers régionaux contribuent fortement à la moyenne mondiale, expliquant en partie l’emballement observé. Les scientifiques notent que ces dynamiques locales ne sont pas correctement anticipées par les grands modèles climatiques, qui sous-estiment systématiquement la vitesse réelle du réchauffement.
Les 26 grands modèles climatiques utilisés pour simuler l’évolution du climat estiment une hausse moyenne de 0,29 °C par décennie sur la période récente, un chiffre bien inférieur aux 0,40 °C mesurés en réalité. Cet écart de 0,11 °C par décennie suggère que les outils actuels peinent à capturer la rapidité du phénomène. Les chercheurs évoquent plusieurs hypothèses pour expliquer cette sous-estimation : des mécanismes physiques encore mal compris, des interactions entre océans et atmosphère mal modélisées, ou encore l’influence de facteurs naturels comme les El Niño extrêmes. Cette limite des modèles souligne l’importance de croiser les données observationnelles avec les simulations pour affiner les prévisions.
L’étude des chercheurs du Kansas met en lumière l’urgence d’agir pour limiter le réchauffement à 1,5 °C. Si le rythme actuel se poursuit, ce seuil sera dépassé dès 2028, réduisant à presque rien la possibilité d’éviter des conséquences irréversibles. Les auteurs appellent à des réductions rapides et drastiques des émissions de gaz à effet de serre, sans quoi la planète pourrait s’engager dans un scénario de réchauffement bien plus sévère. Cette accélération rappelle que les actions climatiques doivent être immédiates et ambitieuses, car chaque dixième de degré compte pour préserver les conditions de vie sur Terre.

