« J’avais renoncé au sport » : après sept ans d’errance médicale, cette italienne de 19 ans retrouve l’état de son genou grâce à une ostéotomie de dérotation réalisée à l’hôpital de Turin
Une douleur au genou peut résister des années à tous les examens sans livrer sa cause. Parfois, le défaut ne vient pas de l'articulation, mais de l'os lui-même, vrillé sur son axe.
Gaia, une Italienne de 19 ans, souffrait depuis sept ans d’une douleur chronique au genou qui l’a empêchée de pratiquer son sport favori, le ski. Malgré de multiples consultations médicales, aucun diagnostic précis n’avait été établi. Les examens classiques, comme les radiographies ou les IRM, n’avaient pas permis d’identifier la cause de ses douleurs. Cette situation illustre les limites des outils diagnostiques traditionnels face à certaines pathologies osseuses. La douleur était si intense qu’elle perturbait parfois son sommeil, et aucune solution proposée n’avait apporté d’amélioration durable. Ce n’est qu’après des années de souffrance et d’errance médicale que la cause réelle de son problème a été identifiée.
La cause cachée des douleurs de Gaia était une torsion tibiale, un défaut de rotation de l’os du tibia. Normalement, le tibia présente une légère rotation externe d’environ 30 degrés. Cependant, chez Gaia, cet os était pivoté de 50 degrés vers l’extérieur, ce qui déséquilibrait toute la mécanique de son genou. Ce problème est difficile à détecter car il ne se manifeste pas toujours clairement sur les examens d’imagerie classiques. Une rotation excessive du tibia peut entraîner des douleurs chroniques, une usure prématurée de l’articulation et limiter les mouvements. C’est seulement grâce à un scanner spécifique, qui mesure la rotation exacte de l’os, que le diagnostic a pu être posé.
Pour corriger cette torsion, les chirurgiens de l’hôpital Maria Pia de Turin ont pratiqué une ostéotomie dérotative mi-octobre 2026. Cette intervention consiste à sectionner le tibia de manière contrôlée, à le faire pivoter pour le réaligner selon son axe naturel, puis à le fixer temporairement le temps que l’os se ressoude. Contrairement à une prothèse, cette technique préserve l’articulation et évite de remplacer une partie du genou. L’opération a été adaptée à l’anatomie et aux besoins spécifiques de Gaia, âgée de 19 ans. L’équipe médicale a utilisé un robot chirurgical, le système CORI, pour optimiser la précision de l’intervention et minimiser les risques de complications.
L’équipe d’orthopédie dirigée par le docteur Francesco Saccia a souligné que chaque intervention doit être adaptée au patient. Il n’existe pas de technique universelle, mais une solution sur mesure en fonction de l’âge, de l’anatomie et des attentes de la personne. Dans le cas de Gaia, l’objectif était de lui permettre de reprendre le ski après sept ans d’interruption. L’intervention a été conçue pour préserver au maximum son genou et éviter une usure prématurée de l’articulation. Cette approche s’inscrit dans une logique de médecine personnalisée, où la préservation de l’organe naturel est privilégiée par rapport à des solutions plus invasives comme les prothèses totales.
Grâce à cette intervention, Gaia pourrait enfin retrouver une vie normale et reprendre ses activités sportives. La correction de la torsion tibiale de 50 degrés a permis de rétablir l’alignement de son genou, supprimant ainsi la source de ses douleurs chroniques. Cette histoire illustre l’importance d’explorer des pistes diagnostiques moins conventionnelles lorsque les symptômes persistent sans explication claire. Elle met également en lumière les progrès de la chirurgie orthopédique, qui permet désormais des interventions plus précises et moins invasives, même pour des cas complexes comme celui de Gaia. Son cas pourrait inspirer d’autres patients confrontés à des douleurs inexpliquées.

