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Après les arrêts de travail classiques, la France réduit les arrêts de travail longue durée

Presse-Citron · mis à jour il y a 14 j

Le gouvernement serre la vis et fait le choix de pénaliser les malades au lieu de s’attaquer aux causes structurelles du problème..

Nouvelle limite d'un an

À partir du 1er octobre 2026, la France imposera une durée maximale d'un an pour les arrêts maladie de longue durée liés à certaines affections dites non exonérantes. Ces affections, comme des fractures compliquées ou des dépressions graves, nécessitent généralement plus de six mois d'interruption de travail ou de soins. Elles ne donnent pas droit à une prise en charge totale par la Sécurité sociale, contrairement aux affections longue durée (ALD) exonérantes qui couvrent des maladies chroniques comme le diabète ou le cancer. Le gouvernement justifie cette mesure par la volonté de limiter les abus qui, selon lui, détériorent l'accompagnement des travailleurs réellement malades.

Mesures déjà en place

Cette décision s'inscrit dans une série de réformes visant à durcir les règles des arrêts maladie en France. Depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale des arrêts de travail classiques est déjà plafonnée à un mois. Par ailleurs, les indemnités journalières versées pendant un arrêt maladie ont été réduites : elles passent de 1,8 à 1,4 fois le Smic (soit environ 1 700 € brut par mois en 2026). Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté ces mesures comme une réponse aux trop d'abus observés, sans préciser de données chiffrées sur l'ampleur réelle de ces abus.

Cibles des nouvelles règles

Les nouvelles règles concerneront les arrêts maladie prescrits avant le 1er octobre 2026, à condition qu'ils aient déjà atteint six mois de durée à cette date. Parmi les affections visées figurent les fractures à l'épaule avec complications, les dépressions consécutives à un deuil, ou encore les troubles musculo-squelettiques. Le gouvernement envisage également d'imposer un second avis médical pour les troubles anxieux et musculo-squelettiques avant la prescription d'un arrêt de travail, une mesure qui pourrait entrer en vigueur prochainement.

Critiques des associations

Des observateurs, comme le magazine Alternatives Économiques, critiquent cette approche en soulignant qu'elle cible les malades plutôt que les causes structurelles de l'absentéisme. Selon eux, les réformes récentes (allongement de la durée du travail via les réformes des retraites, vieillissement de la population) et les mauvaises conditions de travail jouent un rôle majeur dans l'augmentation des arrêts maladie. L'exécutif, en privilégiant des sanctions contre les travailleurs, exonérerait ainsi les entreprises de toute responsabilité dans ce phénomène.

Ce que ça pourrait changer

Le gouvernement français présente ces mesures comme une volonté de *pénaliser les abus* et de *protéger l'accompagnement des travailleurs réellement malades*. Sébastien Lecornu a déclaré que *trop d'abus abîment l'accompagnement des arrêts de travail de ceux qui sont vraiment malades*, sans fournir de preuves concrètes de l'ampleur de ces abus. L'objectif affiché est de réduire la durée des arrêts maladie pour préserver le système de protection sociale, mais cette approche est contestée par des experts qui y voient une simplification des problèmes complexes liés à la santé au travail.

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