Le Royaume-Uni imposera de nouvelles sanctions aux colonies israéliennes de Cisjordanie
Londres devrait notamment bannir l'importation de biens produits dans les colonies de Cisjordanie..
Le Royaume-Uni, dirigé par le premier ministre travailliste Andy Burnham, annonce mardi 8 septembre 2026 de nouvelles sanctions ciblées contre les colonies israéliennes installées en Cisjordanie. Cette décision s’inscrit dans une volonté politique de durcir la position britannique face à Israël, après des années de tensions persistantes dans la région. Le ministre du Travail, Pat McFadden, a précisé que ces mesures ne concerneraient pas l’ensemble des produits israéliens, mais se concentreraient uniquement sur l’expansion des colonies. Le ministre des Affaires étrangères, Ed Miliband, présentera officiellement ces sanctions devant la Chambre des communes, le parlement britannique. L’objectif affiché est de préserver la possibilité d’un futur État palestinien coexistant pacifiquement avec Israël, une solution souvent appelée la solution à deux États.
Selon plusieurs médias britanniques comme la BBC, les sanctions prévues incluront notamment l’interdiction d’importer des biens produits dans les colonies israéliennes de Cisjordanie. Ces colonies, souvent considérées comme illégales par une grande partie de la communauté internationale, sont des implantations de populations israéliennes en territoire palestinien occupé depuis 1967. Leur expansion est régulièrement critiquée car elle fragmente les territoires palestiniens, rendant plus difficile la création d’un État palestinien viable. En août 2026, le Royaume-Uni avait déjà rejoint une vingtaine d’autres pays pour demander l’arrêt d’un projet de construction de plus de 1 000 logements en Cisjordanie, visant à bloquer une continuité territoriale palestinienne à l’est de Jérusalem.
Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, suivie par une guerre à Gaza, les violences en Cisjordanie se sont intensifiées, notamment celles commises par des colons israéliens. Ed Miliband a qualifié ces actes de terrorisme la semaine précédente, une déclaration qui a provoqué une vive réaction d’Israël. Les violences incluent des attaques contre des villages palestiniens, comme celui d’Al-Moughayyer en avril 2024, où des colons ont incendié des habitations. En octobre 2025, des soldats israéliens ont aussi été filmés derrière un homme masqué lançant des pierres sur des Palestiniens lors de la récolte des olives. Ces événements illustrent l’escalade des tensions dans la région, où les colons et l’armée israélienne sont souvent impliqués dans des affrontements avec les Palestiniens.
Israël a réagi vivement aux annonces britanniques, menaçant de prendre des mesures de rétorsion en cas de sanctions. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a même appelé sur le réseau social X (anciennement Twitter) à expulser l’ambassadeur britannique en Israël. Cette position reflète la sensibilité du gouvernement israélien face aux critiques internationales sur sa politique de colonisation. En juin 2026, le Royaume-Uni, la France, l’Australie et le Canada avaient déjà imposé des sanctions contre des entités et individus israéliens impliqués dans des violences ou l’expansion des colonies, une décision qualifiée d’honteuse par Israël. Ces mesures s’ajoutent à la reconnaissance par le Royaume-Uni, sous le gouvernement précédent de Keir Starmer, de l’État palestinien en 2025, une décision confirmée par le nouveau premier ministre Andy Burnham en juillet 2026.
La Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, est au cœur d’un conflit prolongé. Les colonies israéliennes y sont considérées comme un obstacle majeur à la création d’un État palestinien indépendant, car elles morcellent le territoire et rendent difficile la continuité géographique entre les zones palestiniennes. En parallèle des tensions politiques, la situation humanitaire se dégrade : en septembre 2026, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé réduire de moitié son assistance aux habitants de Cisjordanie en raison d’un manque de financements. Cette décision illustre les conséquences concrètes du conflit sur la population civile, déjà fragilisée par des années de violence et d’instabilité.

