Un consortium franco-canadien reprend Micromania
Alors que Sony vient de planter un nouveau clou dans le cercueil des supports physiques de jeux vidéo, est-il bien malin de racheter une enseigne spécialisée dans la vente de… jeux vidéo ? C’est le pari d’un consortium franco-canadien qui s’offre Micromania. Avec la ferme intention de relancer des magasins en perte de vitesse.
Un consortium franco-canadien, composé notamment du groupe Tétrault (propriétaire de McFarlane Toys), de Jean-François Chenail (actionnaire d'EB Games Canada) et de Cobico International (spécialisée dans les peluches comme les mascottes des JO de Paris), a racheté l'enseigne Micromania en juillet 2026. Ce consortium inclut aussi JAMS Venture Capital. L'objectif affiché est de relancer cette chaîne de magasins, spécialisée dans la vente de jeux vidéo et produits dérivés, après des années de difficultés financières sous la direction de GameStop. Le rachat concerne à la fois les magasins français et la filiale canadienne d'EB Games, rebaptisée EB Games Canada par le nouveau propriétaire Stephan Tétrault en 2025.
Historiquement axé sur la vente de jeux vidéo physiques, Micromania a progressivement diversifié ses rayons pour inclure des produits dérivés (figurines, cartes à collectionner), notamment depuis l'ouverture de la première boutique Zing Pop Culture en 2015. En 2017, cette enseigne a fusionné avec Micromania, donnant naissance à Micromania Zing. Aujourd'hui, le consortium souhaite renforcer cette stratégie en misant sur les produits à forte marge, comme les cartes à collectionner (TCG pour Trading Card Game), qui représentent plus de 50 % du chiffre d'affaires de GameStop. L'enseigne prévoit aussi d'améliorer l'expérience en magasin avec des animations et des événements, tout en développant son site internet et en ouvrant un magasin phare près de Paris dès octobre 2026.
Le marché des jeux vidéo physiques traverse une période difficile, notamment avec l'annonce de Sony en juillet 2026 de cesser la production de supports physiques pour les jeux PlayStation à partir de janvier 2028. Cette décision s'inscrit dans une tendance plus large de déclin des ventes de jeux en boîte, remplacés par le téléchargement numérique. Malgré ce contexte, Micromania conserve un réseau de plus de 300 magasins en France et mise sur ses activités complémentaires (produits dérivés, cartes à collectionner) pour compenser la baisse des ventes de jeux physiques. Le logiciel (jeux vidéo) ne représenterait plus que 12 % de l'activité, contre 50 % pour les produits dérivés.
Le nouveau propriétaire, Stephan Tétrault, et Jean-François Chenail ont annoncé vouloir redonner à Micromania une identité plus proche de ses racines, en s'appuyant sur sa communauté de passionnés. Leur approche inclut le développement de distributeurs automatiques de cartes à collectionner dans une trentaine de centres commerciaux, ainsi que l'ouverture d'un magasin phare pour tester de nouvelles expériences client. Le consortium promet de respecter l'histoire de l'enseigne et ses équipes, sans évoquer de plan social dans l'immédiat. L'objectif est de combiner excellence opérationnelle, marketing renforcé et animations en magasin pour relancer l'activité.
Le projet de relance de *Micromania* s'inscrit dans une logique de transformation du secteur, où les produits dérivés et les cartes à collectionner deviennent des piliers économiques. Le consortium mise sur une hausse des ventes de ces produits, comme l'a démontré *EB Games Canada* avec une augmentation de 75 % des ventes de produits dérivés et cartes en 2025, et 95 % de ses magasins bénéficiaires. Cependant, l'avenir des jeux physiques dans les magasins reste incertain, bien que le consortium affirme que cette question est « totalement sans importance » pour leur stratégie. La réussite du projet dépendra de la capacité à fidéliser les clients et à innover dans l'expérience en magasin.

