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Géopolitique

Les lycées français vont-ils si mal que ça ?

Courrier International · mis à jour il y a 27 j

La mobilisation des lycéens fait la une de la presse étrangère. Mais les lycées français vont-ils si mal que ça ? s’interroge la correspondante à Paris du journal britannique “The Guardian”.

Crise des lycées en 2026

En septembre et octobre 2026, la France traverse une crise majeure dans ses lycées, marquée par la plus grande mobilisation de lycéens depuis des décennies. Des centaines d'établissements scolaires sont bloqués par les élèves, qui dénoncent plusieurs problèmes structurels. Parmi les griefs principaux figurent l'absence de remplacement des enseignants absents, des emplois du temps surchargés, des salles de classe délabrées et des bâtiments mal adaptés aux fortes chaleurs. Cette situation a attiré l'attention de la presse internationale, comme le quotidien britannique The Guardian ou le journal italien Domani, qui s'interrogent sur l'état du système éducatif français et son incapacité à répondre aux attentes des jeunes.

Dépenses élevées, résultats discutables

La France consacre 85 milliards d'euros par an à son système éducatif, un montant supérieur à celui alloué à la défense nationale. Pourtant, cette dépense importante ne semble pas se traduire par des résultats à la hauteur des attentes. Selon l'analyste Éric Charbonnier de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), les dépenses pour l'enseignement secondaire (collèges et lycées) en France sont 28 % supérieures à la moyenne des pays membres de l'OCDE. En revanche, les dépenses pour l'enseignement primaire (maternelle et élémentaire) sont 11 % inférieures à cette même moyenne. Cette répartition des budgets soulève des questions sur l'efficacité des investissements, notamment pour les formations professionnelles, qui manquent de reconnaissance malgré leur coût élevé.

Salaires des enseignants

Un autre point de tension concerne les salaires des enseignants en France. Ceux-ci sont moins élevés en milieu et fin de carrière que dans d'autres pays comparables. Cette situation peut expliquer en partie les difficultés de recrutement et de fidélisation des professeurs, ainsi que les problèmes de remplacement des enseignants absents. Les syndicats et les élèves dénoncent un manque de moyens humains et matériels, qui aggrave la dégradation des conditions d'enseignement dans les lycées. Les grèves et les blocages actuels reflètent cette frustration généralisée.

Réponses politiques limitées

Face à cette crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reconnu la légitimité des revendications des lycéens et promis des réponses. Cependant, le contexte budgétaire actuel rend difficile l'annonce de mesures financières importantes. Le projet de budget présenté fin septembre 2026 prévoit en effet une enveloppe stable de 60 milliards d'euros pour l'éducation nationale, dans un contexte de restrictions budgétaires globales. Le tabloïd suisse Blick souligne que cette situation place le gouvernement dans une position délicate, où les promesses risquent de rester limitées par des contraintes économiques strictes.

Ce que ça pourrait changer

Les observateurs étrangers soulignent un paradoxe frappant : la France dépense beaucoup pour son système éducatif, mais les résultats ne suivent pas. Le journal allemand *Frankfurter Allgemeine Zeitung* note que ce paradoxe interroge sur l'utilisation des fonds publics. Malgré des investissements élevés, les infrastructures (bâtiments, équipements) et les ressources humaines (enseignants, personnel administratif) semblent insuffisantes pour répondre aux besoins des élèves. Ce décalage entre les moyens alloués et les réalités vécues alimente les tensions sociales et politiques, dans un contexte où l'éducation est un enjeu central pour l'avenir du pays.

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