Dans la fonction publique, les postes de direction restent plus souvent occupés par des hommes
64 % des emplois de la fonction publique sont occupés par des femmes, mais elles représentent moins de la moitié des postes de direction. Une situation qui s'améliore cependant.
La fonction publique française est un secteur largement féminisé, où les femmes représentent 64 % des effectifs en 2023, selon le ministère de l’Action et des Comptes publics. Cette proportion est bien supérieure à celle observée dans le secteur privé, où les femmes ne constituent que 48 % des emplois en 2024. Malgré cette féminisation globale, les postes à responsabilité restent inégalement répartis entre les genres. Par exemple, dans la fonction publique d’État, les femmes occupent 58 % des postes, mais seulement 38 % des emplois d’encadrement supérieur et de direction en 2023. Cette situation illustre le phénomène du «plafond de verre», une métaphore désignant les obstacles invisibles qui freinent l’accès des femmes aux postes hiérarchiques et aux rémunérations élevées.
Les femmes sont sous-représentées dans les postes les plus élevés de la fonction publique d’État, notamment ceux nommés par décret du président de la République. En 2023, elles n’occupent que 32 % de ces postes, malgré une progression de 12 points depuis 2013, où elles ne représentaient que 20 %. Parmi les postes emblématiques, on note que 41 % des recteurs d’académie sont des femmes, 37 % des directeurs d’administration centrale, et seulement 34 % des ambassadeurs. La situation est encore plus marquée pour les préfets, où les femmes ne représentent que 24 % des effectifs. Ces chiffres révèlent un déséquilibre persistant, alors que les préfectures, en tant que représentants de l’État, devraient être des exemples en matière de parité. Les hommes y sont trois fois plus nombreux que les femmes.
Les inégalités d’accès aux postes de direction varient selon les trois branches de la fonction publique : l’État, les collectivités locales (territoriale) et les hôpitaux (hospitalière). Dans la fonction publique territoriale (FPT), les femmes, qui forment 61 % des effectifs, occupent 54 % des postes de catégorie A+ (encadrement supérieur et direction) en 2023, un taux en légère progression de 2 points depuis 2013. Cependant, leur représentation chute à 34 % pour les emplois de direction et 40 % pour l’encadrement supérieur. Dans la fonction publique hospitalière (FPH), où les femmes sont majoritaires à 78 %, elles occupent 55 % des postes d’encadrement et de direction, avec une hausse de 10 points depuis 2013. Ces différences montrent que certaines branches progressent plus vite que d’autres vers l’égalité.
La catégorie A+ regroupe les emplois d’encadrement supérieur et de direction dans la fonction publique. En 2023, les femmes y représentent 45 % des effectifs, contre 39 % en 2013, soit une progression de 6 points. Dans la fonction publique d’État, leur part est passée de 38 % à 43 % pour la catégorie A+, mais seulement 32 % des postes les plus élevés (nommés par décret) sont occupés par des femmes. Dans la fonction publique territoriale, les femmes occupent 54 % des postes de catégorie A+, tandis que dans la fonction publique hospitalière, elles en représentent 55 %. Ces chiffres montrent une avancée, mais les postes avec des responsabilités hiérarchiques importantes restent majoritairement masculins.
Depuis 2017, les employeurs publics sont tenus de respecter le «dispositif des nominations équilibrées», une règle qui impose une proportion minimale de 40 % de chaque sexe dans les emplois de direction et d’encadrement supérieur. Cependant, cette mesure agit lentement, car elle ne s’applique qu’aux nouvelles nominations et non aux effectifs déjà en place. Par exemple, dans la fonction publique d’État, les femmes n’occupent que 24 % des postes de préfet, malgré l’obligation légale. Ce dispositif illustre une approche progressive, mais insuffisante pour corriger rapidement les inégalités structurelles. Les progrès restent limités, notamment dans les postes traditionnellement masculins comme les préfectures ou les ambassades.
Dans le secteur privé, les femmes sont moins représentées que dans la fonction publique. En 2024, elles ne constituent que 48 % des emplois, contre 64 % dans la fonction publique. Parmi les cadres dirigeants des entreprises de plus de 250 salariés, seulement 30 % sont des femmes en 2023, selon l’Insee. Ces chiffres montrent que les inégalités de genre dans l’accès aux postes à responsabilité ne sont pas spécifiques à la fonction publique, mais touchent l’ensemble du marché du travail. Cependant, la fonction publique, en tant qu’employeur majeur, pourrait jouer un rôle de modèle en matière d’égalité professionnelle.

