Une première rentrée majoritaire à saveur européenne pour Mark Carney
Les élus libéraux ont applaudi leur chef pour avoir rompu les négociations commerciales avec les États-Unis..
Mark Carney, premier ministre canadien, a annoncé le lancement d’une procédure pour établir une nouvelle alliance avec l’Union européenne (UE), marquant un tournant dans la politique étrangère du Canada. Cette alliance vise à renforcer la souveraineté canadienne, permettant au pays de mener ses politiques indépendamment tout en favorisant la liberté de ses citoyens. L’objectif est de créer un partenariat inédit, décrit comme une « nouvelle alliance », bien que les détails concrets restent flous. Un sommet est prévu à Montréal fin octobre 2026 pour clarifier les termes de cette collaboration. Actuellement, le Canada dispose déjà d’un accord de libre-échange avec l’UE, l’Accord économique et commercial global (AECG), qui impose déjà certaines règles européennes aux entreprises canadiennes. La question centrale est de savoir comment approfondir cette intégration sans sacrifier la souveraineté nationale.
En août 2026, le gouvernement canadien a décidé de suspendre définitivement les négociations commerciales avec les États-Unis, un processus qui avait échoué après plusieurs années de tentatives. Cette décision fait suite à un contexte de tensions commerciales prolongées, notamment sous l’administration Trump. En réaction, le Canada a remporté trois élections partielles, dont celle de Chicoutimi-Le Fjord au Québec, renforçant ainsi la majorité libérale à la Chambre des communes. Cette victoire électorale a permis au gouvernement de Carney de disposer d’une majorité parlementaire pour la première fois depuis l’hiver 2019, sous Justin Trudeau. Cette majorité lui donne une marge de manœuvre accrue pour faire adopter ses projets de loi sans dépendre des autres partis.
Les réactions au sein de la classe politique canadienne sont partagées face à l’annonce de cette nouvelle alliance avec l’UE. Mélanie Joly, ministre de l’Industrie, a souligné l’intérêt et la curiosité des citoyens pour ce partenariat, tout en reconnaissant les défis liés à son intégration sans perte de souveraineté. À l’inverse, Pierre Poilievre, chef conservateur, a critiqué ce qu’il qualifie de négociations secrètes, promettant de s’opposer à toute imposition de taxes, lois ou politiques européennes au Canada. À l’opposé, Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, a salué cette opportunité, notamment pour le Québec, à condition que les conditions soient mutuellement avantageuses. Les députés du Bloc se réuniront pour discuter de cette alliance.
Mark Carney a annoncé son intention de déposer un projet de loi visant à accélérer l’approbation des grands projets au Canada. Ce texte prévoit un processus simplifié : un projet, un examen, en un an maximum. Cette réforme suscite des tensions, notamment chez les groupes environnementaux, qui craignent une réduction des consultations publiques. Initialement, le gouvernement avait prolongé la période de consultations en mai 2026 après une levée de boucliers. Le ministre des Transports, Steven MacKinnon, a assuré que le texte final intégrerait des compromis pour trouver un équilibre entre rapidité et participation citoyenne. Le gouvernement compte sur sa majorité parlementaire pour faire adopter ce projet.
Grâce au ralliement de cinq élus de l’opposition depuis un an, dont Chris d’Entremont, premier député conservateur à rejoindre les libéraux en novembre 2025, le gouvernement Carney dispose désormais d’une majorité parlementaire. Cette situation lui permet de faire adopter ses projets de loi sans avoir besoin du soutien d’autres partis. D’Entremont a déclaré se sentir plus utile au sein du gouvernement et ne pas regretter son ancien parti. Cette majorité assure également l’adoption du budget 2026, attendu pour l’automne. Cette transformation d’un gouvernement minoritaire en majorité est inédite et renforce la position politique de Carney.

