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Géopolitique

Changement climatique : le Canada se dirige droit vers un “autre monde”

Courrier International · mis à jour il y a 13 j

Augmentation des températures, fonte de glaciers, hausse de la superficie des forêts brûlées : un rapport du gouvernement canadien avertit que les changements climatiques auront des effets “irréversibles” au Canada d’ici à la fin du siècle. Les experts regrettent que le pays n’y soit pas préparé..

Rapport alarmant du Canada

Un rapport gouvernemental canadien publié en septembre 2026 alerte sur les conséquences dramatiques du changement climatique pour le pays d’ici la fin du siècle. Selon ce document, si les politiques actuelles ne changent pas, le Canada pourrait subir un réchauffement moyen de 5°C d’ici 2100, contre une augmentation de 2°C déjà observée depuis 1950. Ce rapport, qualifié d’inquiétant par la presse locale comme La Presse, souligne que plusieurs effets du réchauffement sont essentiellement irréversibles, même si les émissions mondiales de gaz à effet de serre étaient stabilisées. Le gouvernement canadien a publié ce rapport en catimini, juste avant un long week-end férié, ce qui a suscité des critiques de la part d’organisations écologistes comme Environmental Defence, qui accusent les autorités de vouloir minimiser l’impact de ces révélations.

Fonte des glaciers et feux

Le rapport fédéral canadien prévoit une augmentation de près de 50% de la superficie des forêts brûlées par les feux de forêt d’ici la fin du siècle, ainsi qu’une perte estimée à plus de 75% de la masse des glaciers de l’Ouest canadien. Ces phénomènes s’ajoutent à d’autres bouleversements déjà visibles, comme la fonte accélérée des glaces dans l’Arctique canadien, où les températures hivernales pourraient augmenter de 10°C d’ici 2100 dans des régions comme le Nunavut, par rapport à la période 1850-1900. Ces changements sont décrits comme fondamentalement modifiés par l’activité humaine par Chris Derksen, l’un des experts ayant contribué au rapport. Les scientifiques soulignent que ces transformations sont en grande partie irréversibles, même avec des efforts de réduction des émissions.

Réchauffement deux fois plus rapide

Le Canada se réchauffe actuellement près de deux fois plus vite que la moyenne mondiale, selon le quotidien The Globe and Mail. Cette tendance est encore plus marquée dans l’Arctique canadien, où le réchauffement est trois fois plus rapide que la moyenne planétaire. Depuis 1970, les températures au Canada ont augmenté de manière significative, avec des conséquences déjà visibles comme la disparition progressive de la neige en hiver dans certaines régions. Les experts du consortium Ouranos, comme Alain Bourque, estiment que le pays est désormais confronté à un autre monde, où les conditions climatiques actuelles pourraient devenir la norme dans quelques décennies. Le gouvernement canadien a cependant abandonné plusieurs politiques climatiques mises en place par les gouvernements précédents, comme le projet de plafonner les émissions du secteur des industries fossiles.

Coûts économiques colossaux

Deux économistes, Christina Caron et Glen Hodgson, ont souligné dans The Globe and Mail que l’inaction face au changement climatique coûte plus cher à long terme qu’une action immédiate. Ils rappellent que plus de 2 millions de personnes ont été évacuées en raison de catastrophes climatiques en Amérique du Nord, en Europe et en Chine au cours des trois dernières semaines. Les coûts économiques du dérèglement climatique pour le Canada pourraient atteindre des centaines de milliards de dollars par an d’ici la fin du siècle, selon l’Institut climatique du Canada. Ces dépenses incluent la baisse de la productivité, la destruction d’actifs et la hausse des prix des produits de première nécessité, comme l’alimentation. Les experts insistent sur le fait que des mesures climatiques rapides seraient bien moins coûteuses que de les reporter.

Ce que ça pourrait changer

Le rapport fédéral canadien révèle que le gouvernement actuel a abandonné plusieurs politiques climatiques mises en place par les gouvernements précédents, comme le projet de plafonner les émissions polluantes du secteur des industries fossiles. Cette décision est vivement critiquée par des experts comme Ryan Ness, directeur de la recherche sur l’adaptation de l’Institut climatique du Canada, qui estime que *la situation ne fera qu’empirer* et que *le rythme des mesures d’adaptation n’est pas suffisant*. Les organisations écologistes, comme *Environmental Defence*, accusent les autorités de vouloir minimiser l’urgence climatique en publiant le rapport en catimini, juste avant un long week-end férié. Malgré les alertes répétées des scientifiques, le Canada semble donc peu préparé à faire face aux bouleversements climatiques annoncés.

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