NapseflowNapseflow
Sciences

Plus de 300 canyons sous-marins inconnus découverts sous l’Antarctique bouleversent les connaissances sur les océans

Science & Vie · mis à jour il y a 10 j

Un réseau de 332 canyons sous-marins récemment cartographié sous l'Antarctique offre de nouvelles perspectives sur l'histoire glaciaire du continent. Ces formations, jusqu'alors inconnues, remettent en question notre compréhension des dynamiques océaniques..

Découverte majeure en Antarctique

Des scientifiques ont révélé l’existence de plus de 300 canyons sous-marins inconnus jusqu’alors sous les glaces de l’Antarctique. Ces structures géologiques, dont certaines atteignent des profondeurs de plusieurs kilomètres, ont été identifiées grâce à des technologies avancées d’imagerie sous-marine, comme le sonar (un appareil qui utilise des ondes sonores pour cartographier les fonds marins). Cette découverte bouleverse les connaissances sur les océans, car ces canyons jouent un rôle clé dans la circulation des courants marins et influencent le climat mondial. L’Antarctique, continent recouvert à 98 % de glace, abrite des écosystèmes marins encore largement inexplorés en raison de l’épaisseur de la banquise et des conditions extrêmes.

Impact sur les courants marins

Les canyons sous-marins agissent comme des autoroutes pour les courants océaniques, en guidant les masses d’eau froides et denses depuis l’Antarctique vers les autres océans. Ces courants, appelés courants de fond, transportent des nutriments essentiels à la vie marine et régulent la température des eaux à l’échelle planétaire. Leur étude permet de mieux comprendre les mécanismes du changement climatique, car ils influencent la répartition de la chaleur sur Terre. Les scientifiques estiment que ces canyons pourraient accélérer la fonte des glaces en facilitant l’arrivée d’eaux plus chaudes vers la base des plateformes glaciaires, un phénomène déjà observé dans certaines régions de l’Antarctique.

Technologies utilisées

La découverte de ces canyons a été rendue possible grâce à l’utilisation combinée de satellites, de drones sous-marins et de sonars haute résolution. Les chercheurs ont notamment exploité des données collectées par des missions comme IceBridge (une opération de la NASA visant à étudier les glaces polaires) et des campagnes océanographiques menées par des instituts comme le British Antarctic Survey (un organisme britannique dédié à la recherche en Antarctique). Ces outils permettent de percer les mystères des zones inaccessibles, couvertes par des milliers de mètres de glace ou d’eau.

Conséquences écologiques

Les canyons sous-marins abritent des écosystèmes uniques, souvent associés à des sources hydrothermales ou à des zones riches en nutriments. Ces milieux pourraient abriter des espèces encore inconnues, adaptées à des conditions extrêmes de pression, de froid et d’obscurité. Leur étude est cruciale pour préserver la biodiversité marine, d’autant plus que l’Antarctique est une région protégée par le Traité sur l’Antarctique (un accord international signé en 1959 qui interdit les activités militaires et l’exploitation minière sur le continent). Par ailleurs, ces écosystèmes jouent un rôle dans le cycle du carbone, en stockant du CO₂ dans les sédiments marins.

Rôle dans le climat

L’Antarctique est un acteur majeur du système climatique terrestre, car il stocke 90 % de l’eau douce de la planète sous forme de glace. La modification des courants marins liée aux canyons sous-marins pourrait perturber l’équilibre climatique global, en accélérant la fonte des glaces ou en altérant la circulation thermohaline (un système de courants qui redistribue la chaleur à travers les océans). Les scientifiques soulignent l’urgence de mieux comprendre ces mécanismes pour anticiper les effets du réchauffement climatique, notamment en mesurant l’impact de ces canyons sur la stabilité des plateformes glaciaires comme celles de l’Antarctique occidental.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles expéditions scientifiques pour explorer ces canyons en détail. Les chercheurs prévoient d’utiliser des robots sous-marins équipés de caméras et de capteurs pour collecter des échantillons de sédiments et d’eau, ainsi que pour cartographier les espèces vivantes présentes. Ces missions pourraient être menées en collaboration avec des programmes internationaux comme *Antarctic Circumnavigation Expedition* (une expédition autour de l’Antarctique visant à étudier son environnement). À plus long terme, ces données pourraient aider à affiner les modèles climatiques et à évaluer les risques liés à la hausse du niveau des mers.

Sujets complémentaires