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Environnement

La COP17 sur la biodiversité s’ouvre en Arménie : les États du monde entier font face aux limites de leur action

Vert.eco · mis à jour il y a 17 j

Ce lundi, les négociations de la 17ème conférence mondiale (COP17) sur la biodiversité ont démarré à Erevan, capitale de l’Arménie. Quatre ans après l’ambitieux accord de Kunming-Montréal, qui avait fixé une vingtaine d’objectifs à atteindre d’ici 2030, la communauté internationale doit faire un bilan de mi-parcours.

COP17 : contexte et enjeux

La 17ème conférence mondiale sur la biodiversité, appelée COP17, s’ouvre à Erevan, en Arménie, du 19 au 30 octobre 2026. Elle réunit les 196 pays signataires de la Convention sur la diversité biologique, un traité international adopté en 1992 lors du Sommet de la Terre. Son objectif principal est de faire un bilan à mi-parcours des engagements pris en 2022 lors de la COP15 à Montréal, où un accord ambitieux, souvent comparé à l’Accord de Paris sur le climat, avait fixé 23 cibles à atteindre d’ici 2030. Parmi ces objectifs figurent la protection de 30 % des terres et des mers, la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés, ou encore la réduction de moitié du risque lié aux pesticides. La COP17 doit évaluer les progrès réalisés et relancer les efforts pour les quatre prochaines années.

Bilan mitigé des promesses

Quatre ans après l’adoption de l’accord de Kunming-Montréal, les résultats sont décevants. Selon un rapport du secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, la quasi-totalité des pays a établi des cibles nationales, mais la mise en œuvre reste insuffisante. Seule la cible visant à minimiser les impacts du changement climatique sur la biodiversité est en bonne voie. En revanche, la restauration des écosystèmes, notamment marins, est en retard, tout comme la réduction des subventions néfastes pour la biodiversité. Les engagements actuels des pays, s’ils sont respectés, ne permettraient de protéger que 27 % des terres et 12 % des mers d’ici 2030, loin des 30 % prévus. Une étude française révèle aussi que la majorité des aires marines protégées dans le monde n’a pas empêché la pêche intensive dans ces zones.

Financement : un dossier épineux

Un autre enjeu majeur de la COP17 concerne le financement de la protection de la biodiversité. En 2022, les pays s’étaient engagés à mobiliser 200 milliards de dollars (178 milliards d’euros) par an d’ici 2030, dont 30 milliards (27 milliards d’euros) versés par les pays développés aux pays en développement. Cependant, l’objectif intermédiaire de 20 milliards de dollars (18 milliards d’euros) de transferts annuels en 2025 ne sera probablement pas atteint. Les négociations à Erevan devront trancher sur la création d’un nouveau fonds dédié, une idée rejetée par les pays développés, qui craignent une fragmentation de la finance mondiale. La Chine, l’Inde ou les pays du Golfe, non inclus dans la liste des contributeurs depuis 2006, pourraient aussi être sollicités.

Partage des bénéfices et inclusion

La COP17 abordera également le partage des bénéfices tirés de l’exploitation des ressources génétiques, comme l’utilisation de séquences d’ADN pour développer des médicaments ou des cosmétiques. Un fonds créé en 2024 n’a reçu que 6 000 dollars (5 350 euros) de contributions volontaires, alors que l’objectif était d’un milliard de dollars (892 millions d’euros) par an. Par ailleurs, la COP16 de 2024 avait créé un organe pour renforcer l’inclusion des peuples autochtones et des communautés locales dans les décisions. La COP17 servira de test pour leur participation effective, notamment via leur présence aux réunions et la valorisation de leurs savoirs traditionnels. Enfin, des voix demandent à mieux lier les négociations sur la biodiversité à celles sur le climat, par exemple pour protéger les forêts.

Ce que ça pourrait changer

Les négociations à Erevan doivent aboutir à des *signaux politiques clairs* pour accélérer la mise en œuvre des engagements. Selon Juliette Landry, chercheuse à l’*Iddri*, une simple incitation à *renforcer les efforts* ne suffira pas : il faudra définir des priorités, un soutien concret et une meilleure coopération internationale. Les tensions persistent entre pays développés et en développement, notamment sur les financements et les responsabilités historiques. La société civile, comme Greenpeace, insiste aussi pour que les discussions sur la biodiversité ne restent pas isolées de celles sur le climat. L’enjeu est de taille : sans accélération, les objectifs de 2030 ne seront pas atteints.

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