« J'ai acheté une vraie main momifiée sur Facebook mais personne ne m'a prévenu des risques »
Des restes momifiés vendus en ligne présentent des moisissures visibles et des résidus toxiques. Une étude publiée dans l'International Journal of Cultural Property alerte sur les risques sanitaires de ce commerce..
Un particulier a acheté une main momifiée sur Facebook, présentée comme un objet historique authentique. Ce type de transaction, bien que surprenant, n’est pas isolé : les plateformes en ligne regorgent d’annonces proposant des restes humains momifiés, souvent à des prix variables. Les vendeurs, souvent anonymes, ne précisent généralement pas l’origine exacte de ces objets ni les risques associés à leur manipulation ou possession. Cette pratique soulève des questions éthiques et sanitaires, d’autant que les momies sont des vestiges biologiques qui peuvent conserver des pathogènes ou des substances dangereuses.
Les momies, qu’elles soient égyptiennes, andines ou autres, sont des restes humains traités pour une conservation prolongée. Elles peuvent abriter des micro-organismes pathogènes, comme des bactéries ou des champignons, capables de survivre des millénaires. Ces agents infectieux, une fois libérés dans l’environnement, présentent un risque réel pour la santé humaine. Par exemple, des études ont montré que certaines momies contenaient des traces de Mycobacterium tuberculosis, la bactérie responsable de la tuberculose. De plus, les produits utilisés pour la momification (résines, sels, etc.) peuvent être toxiques au contact ou par inhalation.
La vente de restes humains, même momifiés, est encadrée par des lois strictes dans de nombreux pays, notamment en Europe. En France, le Code civil interdit la commercialisation de corps humains ou de leurs parties, sauf exceptions très encadrées (recherche scientifique, musées agréés, etc.). Pourtant, les plateformes comme Facebook ou les sites de vente entre particuliers contournent souvent ces réglementations. Les autorités sanitaires alertent régulièrement sur les dangers de ces transactions, mais leur contrôle reste limité. Les acheteurs, ignorants des risques, se retrouvent ainsi en possession d’objets illégaux et potentiellement dangereux.
Les momies proposées en ligne proviennent majoritairement de pillages archéologiques ou de collections privées mal documentées. Certaines sont issues de sites funéraires anciens, comme ceux d’Égypte ou des Andes, où les pratiques de momification étaient courantes. D’autres peuvent être des faux modernes, fabriqués à partir de restes humains récents ou de matériaux synthétiques. Leur authenticité est rarement vérifiable par les acheteurs, qui se fient aux descriptions des vendeurs. Ces objets, souvent présentés comme des « curiosités historiques », perdent toute valeur scientifique ou culturelle une fois sortis de leur contexte légal et éthique.
Les risques liés à la manipulation de momies concernent aussi bien les acheteurs que leur entourage. Les pathogènes contenus dans ces restes peuvent provoquer des infections respiratoires, cutanées ou systémiques, parfois graves. Par exemple, une exposition prolongée à des poussières de momie peut entraîner des réactions allergiques ou des maladies pulmonaires. Les autorités sanitaires recommandent de ne pas toucher ces objets et de les manipuler avec des équipements de protection (masques, gants). En cas de doute, il est conseillé de contacter un musée ou un organisme spécialisé pour une évaluation professionnelle.
Les réseaux sociaux et les sites de vente en ligne jouent un rôle clé dans la prolifération de ces transactions. Malgré les politiques d’interdiction affichées, leur modération reste insuffisante, permettant à des annonces illégales de circuler. Des associations et scientifiques appellent à un renforcement des contrôles, notamment via des algorithmes capables de détecter les mots-clés liés aux momies ou aux restes humains. Certains pays, comme l’Allemagne, ont déjà imposé des sanctions aux plateformes ne respectant pas la législation. Cependant, la lutte contre ce trafic informel reste complexe en raison de son caractère transnational.
Si une personne a déjà acheté une momie ou un reste humain momifié, plusieurs étapes sont recommandées. D’abord, éviter tout contact direct avec l’objet et le placer dans un sac hermétique pour limiter les risques de contamination. Ensuite, contacter les autorités compétentes, comme la police ou les services sanitaires locaux, pour signaler l’achat et demander une évaluation des risques. Enfin, envisager de restituer l’objet à un musée ou à une institution archéologique, afin de lui redonner une valeur culturelle et scientifique légale. Ces démarches permettent de limiter les dangers tout en contribuant à la préservation du patrimoine.

