Doug Ford remanie son Conseil des ministres pour « faire face aux tarifs » de Donald Trump
Trois ministres ont quitté le Cabinet au cours des derniers mois, dont Caroline Mulroney..
Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a effectué un remaniement de son Conseil des ministres, une équipe de ministres chargée de diriger les différents secteurs de la province. Ce changement fait suite à des pressions économiques liées aux tarifs imposés par le président américain Donald Trump. Parmi les modifications majeures, David Piccini, qui occupait le ministère du Travail, perd ce portefeuille après avoir été critiqué pour sa gestion controversée d'un fonds public de 50 millions de dollars canadiens destiné à la formation des travailleurs. Il est remplacé par Trevor Jones, ancien ministre de l'Agriculture, qui hérite également des responsabilités en matière d'immigration, de formation et de développement des compétences. Piccini est muté au ministère de l'Infrastructure, un poste qu'il occupait précédemment avant de devenir ministre du Travail.
David Piccini était au cœur de plusieurs polémiques concernant des dépenses jugées excessives liées au Fonds de développement des compétences, un programme public visant à financer des formations pour les travailleurs ontariens. La commissaire à l'intégrité de l'Ontario, Cathryn Motherwell, a confirmé qu'elle menait une enquête sur sa gestion de ce fonds. Malgré cette situation, Doug Ford a maintenu Piccini au sein de son gouvernement en le transférant à un autre ministère. Cette décision a été critiquée par l'opposition, notamment par Kristyn Wong-Tam du NPD, qui y voit un aveu d'échec du gouvernement. Le chef libéral John Fraser a quant à lui qualifié ce remaniement de jeu de chaises musicales, soulignant l'absence de nouveaux fonds pour soutenir les travailleurs affectés par les tarifs américains.
Plusieurs ministres ont changé de portefeuille ou ont fait leur entrée au Conseil des ministres. Zee Hamid, ancien solliciteur général associé, a été nommé ministre du Tourisme, de la Culture et du Jeu, remplaçant Stan Cho, qui avait démissionné après avoir été critiqué pour des dépenses de 16 000 $ en frais d'hôtel à Toronto, alors qu'il y réside. Sam Oosterhoff, jusqu'alors ministre associé des Industries à forte consommation d'énergie, devient ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Agroentreprise. Kinga Surma, ancienne ministre de l'Infrastructure, prend la présidence du Conseil du Trésor, un poste clé chargé de gérer les finances de la province. Enfin, Brian Saunderson remplace Neil Lumsden au ministère du Sport, ce dernier ayant quitté ses fonctions le mois précédent.
Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis se sont intensifiées avec l'annonce par Donald Trump de nouvelles mesures protectionnistes. Ces tarifs consistent en des droits de douane supplémentaires de 50 % sur des produits comme l'acier, l'aluminium, certains fromages spécialisés, des matelas, des meubles et des produits du papier. Trump a également interdit l'importation de produits canadiens tels que l'alcool, les motos, la mélasse et certains produits laitiers comme le lactosérum et le fromage. En réponse, le premier ministre canadien Mark Carney a riposté en imposant des tarifs équivalents sur des produits américains. Doug Ford a soutenu cette stratégie, affirmant que le Canada devait se défendre et tirer parti de ses ressources naturelles pour réduire sa dépendance aux importations américaines.
Pour atténuer l'impact des tarifs américains, l'Ontario a annoncé l'élargissement de son programme de soutien aux entreprises touchées. Le Programme de financement Protéger l'Ontario offre des prêts pour couvrir les salaires, les loyers et les services publics des entreprises en difficulté. Par ailleurs, le Fonds Ontario Ensemble pour le commerce propose des subventions et des prêts aux petites et moyennes entreprises (PME) afin de réduire leur dépendance aux chaînes d'approvisionnement américaines. Doug Ford a souligné que ces mesures visaient à maintenir les entreprises en activité et à préserver l'emploi dans la province. Le ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, a appelé à la stabilité financière et à la préparation à une croissance à long terme, malgré les incertitudes économiques.
Les partis d'opposition ont réagi vivement au remaniement ministériel. Kristyn Wong-Tam du NPD a critiqué la mutation de David Piccini, y voyant une tentative de dissimuler les résultats de l'enquête en cours. John Fraser, chef libéral intérimaire, a dénoncé un simple *jeu de chaises musicales* au sein d'un gouvernement qu'il qualifie d'*éléphantesque*, en référence à sa taille jugée excessive. Il a également reproché au gouvernement de durcir les règles d'accès à l'information pour protéger ses ministres, tout en soulignant l'absence de nouvelles mesures pour soutenir les Ontariens face à la hausse du coût de la vie. Ces critiques reflètent les tensions politiques autour de la gestion économique de la province.

