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Généraliste

Lula et la conjuration de l’extrême droite

Le Devoir · mis à jour il y a 14 j

À la veille d’un deuxième tour crucial au Brésil, le président de gauche semble reprendre la main sur la présidentielle..

Contexte électoral brésilien

Le Brésil se prépare pour un second tour d'élection présidentielle crucial, prévu le dimanche suivant la publication de l'article. Le président sortant de gauche, Luiz Inácio Lula da Silva (surnommé Lula), affronte son principal opposant, Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Lors du premier tour le 4 octobre 2026, Flávio Bolsonaro a obtenu 47 % des voix contre 45 % pour Lula, une surprise pour beaucoup. Le vote de protestation en faveur de Bolsonaro a été sous-estimé, malgré un bilan économique globalement positif de Lula sur ses quatre années de mandat. Le scrutin s'inscrit dans un contexte de polarisation politique intense, où les extrêmes de droite et de gauche s'affrontent pour le pouvoir.

Réforme sociale clé de Lula

Pour inverser la tendance, Lula a fait adopter une réforme constitutionnelle majeure réduisant la semaine de travail de 44 à 40 heures, avec deux jours de congé hebdomadaires au lieu d'un. Cette mesure, promue depuis des années par le Parti des travailleurs (PT) de Lula, concerne 14 millions de Brésiliens. Elle a été adoptée par le Parlement brésilien, renforçant ainsi la position de Lula en pleine campagne électorale. La réforme est présentée comme une victoire sociale majeure, car elle améliore les conditions de travail dans un pays où les inégalités économiques restent fortes. Les syndicats et les mouvements sociaux ont salué cette avancée, organisant des manifestations dans les grandes villes comme São Paulo et Rio de Janeiro.

Stratégie électorale de Lula

Face à son retard dans les sondages, Lula a lancé une série d'annonces économiques et sociales pour séduire l'électorat. Parmi elles, la suspension des taxes sur le carburant, la création d'un fonds pour des bourses universitaires, la remise de dettes pour les microentrepreneurs, et la gratuité des transports en commun le week-end. Il a également multiplié les apparitions médiatiques, notamment en s'adressant aux jeunes via les réseaux sociaux, un canal qu'il avait négligé jusqu'alors. Lula a même adopté un ton décontracté, se présentant comme le « roi de l'égoportrait » (selfie), pour toucher les électeurs les plus jeunes. Ces efforts visent à mobiliser les abstentionnistes (20 % au premier tour) et à contrer l'image d'un Lula vieillissant et en retrait de la communication moderne.

Dynamique de campagne en mutation

La réforme du temps de travail a modifié la dynamique de la campagne électorale. Les sondages récents, comme celui de la firme AtlasIntel début octobre 2026, montrent un écart réduit à seulement 2 points entre les deux candidats (50 % pour Bolsonaro contre 48 % pour Lula), contre 6 points après le premier tour. Le PT a repris le contrôle du débat public en organisant des manifestations massives et en mobilisant ses sympathisants. Flávio Bolsonaro, initialement opposé à la réforme sociale, a finalement voté pour son adoption, une décision qui a surpris et divisé son camp. Malgré cette avancée, les règles électorales brésiliennes restent un défi : depuis 1989, le candidat arrivé en tête au premier tour est systématiquement élu au second. De plus, les électeurs des candidats de droite éliminés au premier tour pourraient se rallier massivement à Bolsonaro.

Ce que ça pourrait changer

L'élection oppose deux visions du Brésil. Pour Lula et ses partisans, il s'agit de préserver les droits sociaux et de rejeter le retour de la famille Bolsonaro, associée à des années de chaos politique et à la condamnation de Jair Bolsonaro à 27 ans et 3 mois de prison pour tentative de coup d'État après sa défaite en 2022. Les manifestants scandent « Plus jamais Bolsonaro », reflétant une peur collective des politiques autoritaires et des divisions sociales exacerbées sous l'ère Bolsonaro. À l'inverse, Flávio Bolsonaro incarne une droite populiste et protestataire, qui attire une partie de l'électorat en colère contre les inégalités et la corruption. Le scrutin est aussi perçu comme un test pour la souveraineté brésilienne face aux influences étrangères, notamment américaines, que Lula critique régulièrement.

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