Mercedes sera le premier à proposer une conduite assistée de point à point en Allemagne dès fin 2026
Mercedes ouvrira au premier semestre 2027 les commandes de MB.Drive Assist Pro, sa conduite assistée « de point à point », en Allemagne, avec un accès anticipé dès fin 2026 à Stuttgart et Munich. Le constructeur s'appuie sur un règlement de l'ONU qui pourrait lui ouvrir toute l'Union européenne, alors que le FSD de Tesla attend encore un vote à Bruxelles..
Mercedes-Benz annonce être la première marque automobile à proposer une fonction de conduite assistée de point à point (point-to-point autonomous driving) sur ses véhicules en Allemagne dès la fin de l'année 2026. Cette technologie permet au conducteur de déléguer entièrement la gestion du trajet entre deux adresses précises à l'intelligence artificielle du véhicule, sans intervention humaine nécessaire. Contrairement aux systèmes d'aide à la conduite classiques comme le traffic jam assist (qui ne fonctionne qu'à basse vitesse), cette solution couvre des trajets urbains et autoroutiers complets. Le constructeur allemand mise sur cette innovation pour renforcer sa position de leader dans le domaine des véhicules autonomes, un marché en pleine expansion estimé à plusieurs milliards d'euros d'ici 2030.
La conduite assistée de point à point repose sur un ensemble de capteurs avancés (lidars, radars, caméras) et d'algorithmes d'intelligence artificielle capables d'analyser en temps réel l'environnement routier. Ces systèmes doivent respecter des normes strictes de sécurité, notamment les exigences du règlement européen sur les véhicules autonomes (EU Regulation 2022/1426), qui impose des tests rigoureux avant homologation. Mercedes précise que cette fonctionnalité sera disponible uniquement dans des conditions optimales (météo favorable, routes bien cartographiées) et sous supervision permanente du conducteur, qui pourra reprendre le contrôle à tout moment. L'objectif est de réduire les erreurs humaines, responsables de 90 % des accidents de la route selon l'Organisation mondiale de la santé.
L'Allemagne a été choisie comme premier marché pour le déploiement de cette technologie en raison de son cadre réglementaire favorable et de son infrastructure routière avancée. Le pays dispose déjà d'un réseau autoroutier dense et de systèmes de communication entre véhicules (V2X, Vehicle-to-Everything) en cours de généralisation. Mercedes collabore étroitement avec les autorités allemandes pour obtenir les certifications nécessaires, dans un contexte où le gouvernement fédéral encourage activement l'innovation dans les transports autonomes. Cette initiative s'inscrit dans la stratégie nationale Mobilität 2030, qui vise à réduire les émissions de CO₂ et à améliorer la sécurité routière.
Bien que Mercedes n'ait pas encore précisé quels modèles seront équipés de cette fonctionnalité, les analystes s'attendent à ce qu'elle soit proposée en option sur les gammes haut de gamme comme la Classe S ou l'EQS, déjà compatibles avec des systèmes d'autonomie partielle. Le coût supplémentaire pour le client n'a pas été communiqué, mais les experts estiment qu'il pourrait atteindre plusieurs milliers d'euros, en raison des capteurs et des mises à jour logicielles nécessaires. La marque allemande a indiqué que cette technologie serait d'abord réservée aux clients allemands avant une extension progressive à d'autres pays européens et internationaux, sans préciser de calendrier.
L'arrivée de cette fonctionnalité marque une étape majeure dans l'évolution de l'automobile, mais soulève aussi des questions sur la responsabilité en cas d'accident et l'acceptation par les conducteurs. Une étude récente de l'OCDE révèle que 60 % des Européens se disent méfiants à l'égard des véhicules autonomes, malgré leurs avantages potentiels (réduction des embouteillages, économie de carburant, accessibilité pour les personnes à mobilité réduite). Mercedes mise sur une adoption progressive, avec des phases de test ouvertes au public avant une commercialisation à grande échelle. À plus long terme, cette technologie pourrait transformer les modèles économiques du secteur, en réduisant la dépendance aux conducteurs professionnels et en ouvrant la voie à des services de mobilité partagée automatisée.

