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Climatiser les hôpitaux avec des appareils mobiles à 300 € : les limites du plan Wauquiez

Numerama · mis à jour il y a 21 j

La Région Auvergne-Rhône-Alpes veut constituer une flotte de 1 500 climatiseurs mobiles pour répondre rapidement aux canicules dans les hôpitaux, les Ehpad et les écoles. Une solution de répit immédiatement disponible , mais qui soulève une question sur la pérennité d’une telle opération..

Plan climatisation urgent

La Région Auvergne-Rhône-Alpes, dirigée par Laurent Wauquiez, a lancé en juillet 2026 un plan d’urgence pour climatiser les hôpitaux, Ehpad et écoles face aux canicules. Ce projet prévoit l’achat de 1 500 climatiseurs mobiles, dont 150 doivent être déployés dès l’été 2026 dans des hôpitaux de proximité. Le coût total annoncé est de 1,5 million d’euros. L’objectif est de répondre rapidement à des températures intérieures dépassant parfois 30 °C dans les services d’urgences, où la chaleur représente un danger accru pour les patients fragiles, notamment les personnes âgées ou malades. Ces appareils mobiles permettent une installation rapide sans travaux, mais leur efficacité à long terme reste discutable.

Appareils mobiles à 300 €

Les climatiseurs mobiles choisis par la Région sont des modèles Nurfelt 12QA, des climatiseurs monoblocs d’une puissance de 3,5 kW, capables de rafraîchir une pièce de 25 m² ou 65 m³. Ces appareils coûtent environ 339 € à l’achat public, mais leur prix réel dans le cadre du plan régional s’élève à près de 1 000 € par unité, soit un total de 1,5 million d’euros pour 1 500 appareils. Cette différence s’explique par des coûts annexes comme le transport, le stockage, l’installation ou la maintenance. Ces climatiseurs consomment entre 970 et 1 120 watts, produisent jusqu’à 53 décibels de bruit et ne fonctionnent pas au-delà de 35 °C, une limite problématique lors des canicules intenses.

Limites techniques des monoblocs

Les climatiseurs mobiles monoblocs, comme ceux choisis par la Région, présentent plusieurs inconvénients majeurs. D’abord, ils nécessitent souvent de laisser une fenêtre ou une porte entrouverte pour évacuer l’air chaud, ce qui réduit leur efficacité et augmente leur consommation électrique. Ensuite, leur puissance est limitée : ils sont conçus pour des pièces de taille modeste, comme un salon, mais peinent à refroidir des espaces plus vastes comme un hall d’accueil ou un service d’urgences. Enfin, leur niveau sonore élevé (jusqu’à 53 dB) et leur manque de puissance les rendent peu adaptés à un usage collectif dans un hôpital. L’Ademe, l’agence française de la transition écologique, les qualifie même de peu efficaces pour un usage durable.

Alternatives fixes plus efficaces

Pour un usage prolongé, les experts recommandent des climatiseurs split fixes, qui séparent l’unité intérieure du compresseur extérieur. Ces appareils sont bien plus adaptés aux grands espaces comme les hôpitaux, car ils permettent de refroidir des pièces sans avoir à ouvrir les fenêtres. Ils consomment moins d’énergie, sont moins bruyants et plus puissants que les monoblocs. Par exemple, un Porta Split fixe, dont le prix est comparable à celui des climatiseurs mobiles (environ 1 000 €), peut être trois à quatre fois plus efficace énergétiquement. Cependant, leur installation nécessite des travaux (percement de murs, pose d’une unité extérieure) et ne peut pas être réalisée en urgence.

Risques d'une solution temporaire

Le plan de la Région Auvergne-Rhône-Alpes est présenté comme une solution d’urgence, mais son extension à long terme pose question. Les climatiseurs mobiles ne sont pas conçus pour un usage permanent et pourraient devenir coûteux en électricité et peu efficaces si les canicules se multiplient. De plus, leur déploiement en 2027, alors que les vagues de chaleur sont appelées à s’intensifier, laisse peu de temps pour des solutions plus durables. Le ministère de la Santé et l’Ademe soulignent que ces appareils ne sont pas adaptés pour aménager des pièces rafraîchies collectives. Pourtant, la Région semble envisager de généraliser cette solution, malgré ses limites techniques et économiques.

Ce que ça pourrait changer

Le projet est porté par Laurent Wauquiez, alors conseiller spécial de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et s’inscrit dans un contexte de canicules de plus en plus fréquentes et intenses en France. La Région a initialement annoncé un budget de 10 millions d’euros pour ce plan, mais le coût réel des 1 500 climatiseurs s’élève à 1,5 million d’euros. L’UGAP, la centrale d’achat public, a précisé ne pas être impliquée dans cette commande, laissant planer un doute sur le fournisseur et les coûts réels. Les établissements concernés incluent des hôpitaux, des Ehpad et des écoles, où la chaleur représente un risque sanitaire majeur pour les personnes fragiles.

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