L’administration Trump assouplit les normes de consommation de carburant
Ces normes définissent la distance que les véhicules neufs doivent parcourir avec un gallon d’essence..
L’administration du président américain Donald Trump a publié en septembre 2026 de nouvelles normes de consommation de carburant pour les véhicules neufs aux États-Unis. Ces règles, appelées Corporate Average Fuel Economy (CAFE), définissent la distance minimale que les voitures doivent parcourir avec un gallon d’essence (environ 3,78 litres). Depuis les années 1970, ces normes visent à réduire la pollution et la dépendance au pétrole. Les nouvelles exigences prévoient une moyenne de 34,9 milles par gallon (14,84 km/l) pour les voitures et véhicules utilitaires légers en 2031, contre 30,1 milles par gallon (12,80 km/l) initialement prévus pour 2024. Cependant, ces chiffres restent inférieurs aux 50,4 milles par gallon (21,43 km/l) envisagés par l’administration précédente de Joe Biden. Le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, justifie ces assouplissements en affirmant qu’ils rendront les véhicules plus abordables pour les familles américaines.
Les nouvelles normes de consommation de carburant ont suscité des inquiétudes parmi les défenseurs de l’environnement. Selon les estimations, elles permettraient de réduire la consommation annuelle de pétrole de 1,3 milliard de barils d’ici 2050, mais cela reste bien en deçà des 14 milliards de gallons d’essence économisés prévus par les normes de 2024. Les associations environnementales, comme le Center for Biological Diversity, estiment que ces règles entraîneront une augmentation des émissions de CO2 de 22 111 tonnes par an en 2035, ainsi que des rejets supplémentaires de particules polluantes comme les oxydes d’azote et les composés organiques volatils. Les transports représentent déjà 28 % des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, selon les données de 2022. Les experts soulignent que ces assouplissements pourraient également coûter plus cher aux consommateurs sur le long terme, malgré une baisse initiale du prix des véhicules neufs.
Les constructeurs automobiles américains, représentés par des organisations comme l’Alliance for Automotive Innovation, ont salué les nouvelles normes. John Bozzella, son président, a déclaré que ces règles alignent mieux les exigences réglementaires avec les réalités du marché et la demande des consommateurs. Des entreprises comme Ford et Stellantis ont également exprimé leur soutien, affirmant que ces assouplissements leur permettront d’offrir une gamme plus large de véhicules, y compris des modèles à essence. Ford, dont le modèle F-150 est le véhicule le plus vendu aux États-Unis, a indiqué qu’elle continuerait à collaborer avec l’administration pour renforcer l’industrie automobile américaine. Ces constructeurs estiment que les normes précédentes imposaient une transition trop rapide vers les véhicules électriques, peu adaptée aux préférences des clients.
L’administration Trump affirme que ces nouvelles normes permettront aux Américains d’économiser en moyenne 1 300 dollars américains (1 840 dollars canadiens) sur l’achat d’un véhicule neuf et généreront des économies totales de 138 milliards de dollars américains (195 milliards de dollars canadiens) sur cinq ans. Cependant, ces économies pourraient être compensées par une hausse des dépenses en essence, alors que les prix du carburant ont déjà augmenté, atteignant en moyenne 4,47 dollars américains (1,63 dollar canadien par litre) en septembre 2026, contre 3,13 dollars américains (4,43 dollars canadiens par litre) un an plus tôt. Cette hausse est en partie attribuée à la tension géopolitique entre les États-Unis et l’Iran, qui perturbe les approvisionnements en pétrole. Les consommateurs pourraient donc payer plus cher à la pompe, tandis que les constructeurs automobiles et les compagnies pétrolières bénéficieraient de profits à court terme.
Cette décision s’inscrit dans la continuité des promesses de Donald Trump de réduire les réglementations environnementales, qu’il qualifie d’illégales ou de contraignantes. Depuis son arrivée au pouvoir, son administration a déjà assoupli les règles sur les émissions des pots d’échappement, supprimé des crédits fiscaux pour l’achat de véhicules électriques (jusqu’à 7 500 dollars américains, soit plus de 10 600 dollars canadiens) et abrogé des amendes pour les constructeurs ne respectant pas les normes fédérales. Trump a également critiqué l’objectif de son prédécesseur Joe Biden, qui visait à ce que 50 % des ventes de véhicules neufs soient électriques d’ici 2030, bien qu’aucune politique fédérale n’ait jamais imposé cette obligation. En août 2026, les véhicules électriques représentaient 5,7 % des ventes de véhicules neufs aux États-Unis, contre 7,4 % sur l’ensemble de l’année 2025.

