Les conservateurs ouverts à des «ententes» dans l’éventualité d’un gouvernement minoritaire
Il ne s’agirait toutefois pas d’une alliance systématique, mais d’ententes «à la pièce» pour pousser leurs idées..
En vue des élections québécoises de 2026, le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, a indiqué qu’il serait ouvert à des ententes à la pièce avec d’autres partis dans l’éventualité d’un gouvernement minoritaire. Contrairement à une alliance permanente, ces accords ponctuels viseraient à faire avancer certaines idées du PCQ sans former de coalition officielle. La balance du pouvoir désigne la situation où un parti, comme le PCQ, détient suffisamment de députés pour permettre à un autre parti d’atteindre la majorité à l’Assemblée nationale. Dans ce cas, le PCQ pourrait négocier des compromis pour influencer les politiques publiques, notamment en santé ou en gestion de l’État. Le parti mise sur cette stratégie pour promouvoir ses priorités, comme une plus grande place du secteur privé dans les services publics.
Le PCQ propose plusieurs mesures pour réformer le système de santé québécois, avec un accent sur l’intégration du secteur privé. Parmi ses idées, on retrouve l’ouverture des centres médicaux spécialisés (CMS) à tous les types d’interventions médicales, y compris les plus complexes comme les accouchements ou les chirurgies cardiaques. Actuellement, les CMS se limitent principalement à des chirurgies de courte durée en orthopédie ou en chirurgie plastique. Le parti souhaite aussi permettre aux médecins de pratiquer à la fois dans le public et le privé, et d’autoriser des entreprises québécoises ou étrangères à gérer des hôpitaux. Pour renforcer les effectifs, le PCQ propose d’augmenter de 400 à 500 le nombre de médecins formés chaque année (contre environ 1 000 actuellement) et d’ajouter 1 500 infirmières praticiennes spécialisées (IPS) d’ici quatre ans. Ces mesures coûteraient 567 millions de dollars à l’État, selon les estimations du parti.
Le PCQ souhaite également donner plus d’autonomie aux paramédicaux, c’est-à-dire aux professionnels de santé non médecins ni infirmiers (comme les ambulanciers ou les techniciens en radiologie). Le parti propose la création d’un ordre professionnel pour ces métiers, ce qui leur permettrait d’effectuer davantage d’actes médicaux sur le terrain et dans les hôpitaux. Cette mesure vise à améliorer l’accès aux soins et à réduire la pression sur les médecins et les infirmiers. Le parti justifie ces propositions en affirmant que le secteur privé et le secteur public ont des intérêts complémentaires, et que les craintes d’un vidage des hôpitaux publics par le privé sont exagérées. Ces réformes s’inscrivent dans une volonté plus large de dégraissage de l’État, c’est-à-dire de réduire la taille de l’administration publique pour favoriser l’efficacité et l’innovation.
Les déclarations d’Éric Duhaime et du PCQ s’inscrivent dans le cadre des élections québécoises prévues en 2026. Un gouvernement minoritaire, où aucun parti ne détient la majorité absolue des sièges, est une situation politique courante au Québec. Dans ce contexte, les partis doivent souvent négocier avec d’autres formations pour faire adopter leurs lois. Le PCQ, qui se positionne comme un parti réformiste, mise sur cette dynamique pour imposer ses idées, notamment en matière de réduction de la taille de l’État et d’ouverture au privé. Le parti souligne qu’il ne cherche pas à former une coalition permanente, mais plutôt à conclure des accords ponctuels pour faire avancer ses priorités politiques et économiques.

