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Société

Et hop, 5.000 recrues supplémentaires pour l'ICE, la police anti-immigration ultra-violente des États-Unis

Slate FR · mis à jour 1 oct.

Les nouveaux agents doivent prendre leurs fonctions d'ici la fin de l'année. Ils ont été embauchés pour soutenir la politique d'expulsions massives menée par l'administration Trump..

L'ICE, une police anti-immigration

L'ICE (pour Immigration and Customs Enforcement, soit Service d'immigration et des douanes en français) est une agence fédérale américaine chargée de faire respecter les lois sur l'immigration et les douanes. Elle joue un rôle central dans la politique migratoire des États-Unis, notamment en procédant à des arrestations, des expulsions et des enquêtes sur les fraudes liées à l'immigration. Sous l'administration de Donald Trump, l'ICE est devenue une institution controversée en raison de ses méthodes jugées ultra-violentes par ses détracteurs. En juillet 2025, elle est devenue l'agence fédérale la plus dotée financièrement de l'histoire des États-Unis, avec un budget dépassant les 100 milliards de dollars (88 milliards d'euros). Cette hausse des moyens s'inscrit dans le cadre d'une politique migratoire restrictive menée par l'administration Trump, marquée par un durcissement des contrôles et des expulsions.

5 000 nouveaux agents prévus

Pour renforcer ses effectifs, l'ICE prévoit de recruter 5 000 nouveaux agents d'ici la fin de l'année 2026, ce qui représenterait une augmentation de 17 % de ses effectifs totaux. Ces recrutements font suite à une première vague d'embauches en 2025, où 8 000 agents supplémentaires avaient déjà été intégrés, portant les effectifs à 29 000 employés. La majorité des nouvelles recrues seront chargées des expulsions de personnes en situation irrégulière. Ce recrutement massif s'accompagne d'un financement accru du Congrès, qui a alloué plus de 100 milliards de dollars (88 milliards d'euros) à l'agence pour ses opérations. L'objectif affiché est d'intensifier les contrôles et les expulsions, dans un contexte de politique migratoire très stricte.

Des recrutements critiqués

Les précédentes campagnes de recrutement de l'ICE ont été critiquées pour leur manque de rigueur. En 2025, des agents avaient été embauchés sans vérification approfondie de leurs antécédents, notamment sans formulaire de sécurité complet, sans prise d'empreintes digitales ni test polygraphique. Dès le printemps 2026, des centaines de ces nouvelles recrues avaient déjà été licenciées. Une source proche du dossier indique que l'ICE compte désormais appliquer des critères de recrutement plus stricts pour éviter les erreurs. Cependant, des retards persistent dans les vérifications des antécédents des agents recrutés l'année précédente : près de 7 500 personnes attendent toujours ces vérifications et peuvent travailler de manière limitée en attendant. Deux sources anonymes estiment que ce nombre est bien supérieur à la normale.

Risques pour la sécurité

Un haut responsable de l'ICE a déposé une plainte en août 2025, alertant sur les risques liés aux pratiques de recrutement de l'agence. Selon lui, l'administration Trump aurait offert des postes définitifs à des candidats sans vérifications préliminaires, violant ainsi la loi et exposant l'agence à de graves risques pour la sécurité nationale. Ces pratiques ont déjà eu des conséquences tragiques : en janvier 2026, les meurtres de Renée Good et Alex Pretti par des agents de l'ICE ont choqué l'opinion publique américaine. Malgré ces alertes, l'administration Trump semble déterminée à renforcer davantage la police de l'immigration, mais les méthodes employées suscitent des inquiétudes quant à leur efficacité et leur légalité.

Ce que ça pourrait changer

Le *département de la Sécurité intérieure* (*Department of Homeland Security*, ou *DHS*) est l'institution fédérale américaine responsable de la protection du territoire et de la lutte contre les menaces, y compris l'immigration illégale. Dans un communiqué, le DHS a affirmé que les récentes embauches de l'ICE n'avaient aucun lien avec les départs intervenus lors de la précédente vague de recrutements. Cependant, des experts comme Daniel Altman, ancien responsable des douanes, soulignent que les agences fédérales chargées de l'application de la loi rencontrent souvent des difficultés à pourvoir rapidement des postes sans recruter des personnes inadaptées. Avec le temps, cela peut entraîner une augmentation des recours excessifs à la force et d'autres fautes professionnelles, compromettant ainsi l'efficacité et la crédibilité de l'agence.

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