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Géopolitique

Les flux de pétrole du golfe Persique ont dépassé leur niveau pré-guerre

Le Grand Continent · mis à jour il y a 15 j

Une partie du pétrole iranien transiterait par les Émirats arabes unis L’article Les flux de pétrole du golfe Persique ont dépassé leur niveau pré-guerre est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Flux pétroliers en hausse

Les exportations de pétrole en provenance du golfe Persique ont atteint plus de 24 millions de barils par jour la semaine dernière, un niveau supérieur à celui observé avant le début de la guerre contre l’Iran. Selon les données compilées par l’entreprise Kpler, spécialisée dans l’analyse des flux de matières premières, cette quantité dépasse les 23,3 millions de barils par jour enregistrés avant le conflit. Cette hausse est visible depuis la fin de l’été 2026 et marque un retour à une production proche des niveaux d’avant-guerre, malgré les tensions persistantes dans la région. Le golfe Persique est une zone stratégique pour l’exportation mondiale de pétrole, car elle concentre une grande partie des réserves et des routes maritimes essentielles, comme le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.

Causes de la reprise

Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation des flux pétroliers. D’abord, l’armée américaine propose désormais une escorte militaire aux navires commerciaux pour sécuriser leur passage dans la région, réduisant ainsi les risques d’attaques ou de blocages. Ensuite, des pétroliers-navettes sont utilisés : ces navires transportent le pétrole à travers le détroit d’Ormuz, puis transbordent leur cargaison vers d’autres bateaux dans le golfe d’Oman, évitant ainsi les zones les plus dangereuses. Par ailleurs, certains pays contournent le détroit d’Ormuz en utilisant des oléoducs, comme l’oléoduc saoudien Est-Ouest, qui permet d’exporter le pétrole depuis la côte est de l’Arabie saoudite vers la mer Rouge, sans passer par le détroit. Enfin, une partie du pétrole iranien serait exportée via les Émirats arabes unis, où les ports serviraient à blanchir l’origine des barils, c’est-à-dire à masquer leur provenance réelle pour contourner les sanctions ou les restrictions.

Rôle des Émirats arabes

Les Émirats arabes unis jouent un rôle clé dans cette dynamique. Selon des sources proches du dossier, ces pays faciliteraient l’exportation du pétrole iranien en le réexportant depuis leurs ports, situés à l’intérieur du golfe Persique. Cette pratique permet à l’Iran de contourner les sanctions internationales et de maintenir ses revenus pétroliers. Pour les Émirats, cette stratégie offre un double avantage : d’une part, ils obtiennent un levier de négociation face à l’Iran, et d’autre part, ils renforcent leur propre sécurité énergétique. En effet, après l’échec des États-Unis à protéger les infrastructures énergétiques des pays du Golfe lors de la guerre contre l’Iran, certains États de la région remettent en cause leur alliance avec Washington et cherchent des solutions alternatives pour sécuriser leurs exportations.

Ce que ça pourrait changer

Malgré cette hausse des flux pétroliers, le prix du baril de *Brent* (la référence mondiale du pétrole) reste élevé, frôlant les 110 dollars la semaine dernière, soit une augmentation de 70 % par rapport à il y a un an. Cette situation s’explique par les tensions persistantes dans la région, notamment les attaques répétées de l’Iran contre des navires dans le détroit d’Ormuz et le risque d’une reprise des combats après les élections de mi-mandat aux États-Unis. Cependant, une légère détente est observable sur le marché physique du pétrole. L’écart entre le prix du baril de *brut de Dubaï* (référence pour le pétrole moyen-oriental vendu en Asie) et celui du *brut omanais* (chargé hors du détroit d’Ormuz) a diminué, tombant à 3,9 dollars par baril le 19 octobre 2026, son niveau le plus bas depuis juillet 2026. Au plus fort de la crise en mars 2026, cet écart avait dépassé les 60 dollars.

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