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Si les femmes vivent plus longtemps que les hommes, ce serait une question d'évolution

Science & Vie · mis à jour il y a 24 j

Partout dans le monde, les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. On attribue souvent l'écart au mode de vie ou à la prise de risque masculine.

Une étude sur 1 176 espèces

Une vaste étude scientifique a analysé les différences de longévité entre mâles et femelles chez 1 176 espèces animales et végétales. Cette recherche, publiée en 2026, s'appuie sur des données collectées à l'échelle mondiale et couvre des groupes aussi variés que les mammifères, les oiseaux, les poissons, les insectes ou même les plantes. L'objectif était de déterminer si le fait que les femelles vivent généralement plus longtemps que les mâles pouvait s'expliquer par des mécanismes évolutifs communs. Les résultats suggèrent que cette tendance pourrait être liée à des pressions sélectives différentes selon le sexe, observées de manière récurrente dans le règne animal et végétal.

L'évolution façonne la longévité

Les chercheurs ont identifié des mécanismes évolutifs expliquant pourquoi les femelles ont souvent une espérance de vie supérieure à celle des mâles. Dans de nombreuses espèces, les mâles sont soumis à une sélection sexuelle plus intense, ce qui les pousse à adopter des comportements risqués pour attirer les partenaires ou rivaliser avec d'autres mâles. Par exemple, chez les cerfs, les mâles dépensent beaucoup d'énergie lors des combats pour la reproduction, ce qui réduit leur survie à long terme. À l'inverse, les femelles, dont le rôle est souvent lié à la reproduction et à la protection des petits, bénéficient d'une pression évolutive différente, favorisant une meilleure résistance aux maladies et au stress.

Des exceptions confirment la règle

Bien que la tendance générale montre une longévité accrue chez les femelles, l'étude révèle des exceptions notables. Chez certaines espèces, comme les bonobos (une espèce de singes proches des chimpanzés), les mâles vivent aussi longtemps que les femelles. Dans d'autres cas, comme chez les moutons, les mâles peuvent même dépasser les femelles en espérance de vie. Ces variations s'expliquent par des stratégies reproductives différentes : dans certaines espèces, les mâles ne participent pas à l'élevage des petits, ce qui réduit leur exposition aux risques liés à la reproduction. Ces exceptions soulignent la complexité des mécanismes évolutifs en jeu.

Implications pour les humains

Les résultats de cette étude pourraient éclairer les différences de longévité observées entre les hommes et les femmes chez l'espèce humaine. En moyenne, les femmes vivent environ 5 à 7 ans de plus que les hommes dans les pays développés, un écart qui se réduit dans certains contextes socio-économiques. Les chercheurs suggèrent que ces différences pourraient partiellement s'expliquer par des facteurs biologiques liés à l'évolution, comme une meilleure résistance aux maladies ou une réponse immunitaire plus robuste chez les femmes. Cependant, ils précisent que des facteurs environnementaux, comme les comportements à risque ou l'accès aux soins, jouent également un rôle majeur dans cet écart.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude se distingue par son ampleur et sa méthodologie. En analysant 1 176 espèces, elle offre une perspective comparative sans précédent, permettant d'identifier des patterns évolutifs communs. Les chercheurs ont utilisé des bases de données existantes, comme celles du *Global Biodiversity Information Facility* (GBIF), qui recense des millions d'observations sur la longévité des espèces. Cette approche permet de dépasser les limites des études centrées sur une seule espèce ou un groupe restreint, offrant ainsi une vision plus globale des mécanismes à l'œuvre. Les résultats pourraient inspirer de nouvelles recherches en biologie évolutive et en médecine.

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