Pour connaître notre vitesse de vieillissement, il suffirait de regarder nos yeux
Une photo de la rétine suffit à prédire l'âge d'une personne à deux ans et demi près. L'écart avec l'âge réel signalerait une vitesse de vieillissement accélérée, en particulier chez les diabétiques..
Une étude récente suggère que l'analyse des vaisseaux sanguins de la rétine pourrait révéler la vitesse à laquelle une personne vieillit. Ces vaisseaux, situés à l'arrière de l'œil, subissent des modifications liées au vieillissement naturel du corps, comme la perte d'élasticité ou l'accumulation de dépôts. En étudiant leur structure, les scientifiques pourraient estimer l'âge biologique d'un individu, c'est-à-dire son âge réel en fonction de l'état de ses organes et tissus, et non de sa date de naissance. Cette méthode s'appuie sur des techniques d'imagerie médicale non invasives, comme l'angiographie (technique d'imagerie des vaisseaux sanguins) ou l'optique adaptative (technique corrigeant les distorsions de la lumière pour obtenir des images plus nettes).
Le vieillissement n'est pas uniforme : certaines personnes vieillissent plus vite que d'autres en raison de facteurs génétiques, environnementaux ou liés au mode de vie. Par exemple, le tabagisme, une mauvaise alimentation ou le stress chronique accélèrent le vieillissement des vaisseaux sanguins. À l'inverse, une activité physique régulière et une alimentation équilibrée peuvent le ralentir. L'étude souligne que cette méthode pourrait permettre de détecter précocement des signes de vieillissement accéléré, avant même l'apparition de symptômes visibles. Elle pourrait aussi aider à évaluer l'efficacité de traitements anti-âge ou de changements de mode de vie sur le ralentissement du vieillissement.
Cette découverte ouvre la voie à des applications médicales prometteuses. Elle pourrait notamment permettre de prédire le risque de développer des maladies liées à l'âge, comme la dégénérescence maculaire (une maladie de l'œil qui altère la vision centrale) ou les maladies cardiovasculaires (liées à l'artériosclérose, c'est-à-dire le durcissement des artères). Les chercheurs envisagent aussi d'utiliser cette méthode pour tester l'impact de nouveaux médicaments ou thérapies sur le vieillissement. À plus long terme, elle pourrait contribuer à personnaliser les soins en fonction de l'âge biologique de chaque patient, et non de son âge chronologique.
Malgré son potentiel, cette méthode présente encore des limites. Les chercheurs doivent affiner leurs techniques pour garantir une précision suffisante et réduire les variations individuelles. Par exemple, des facteurs comme la myopie ou d'autres anomalies oculaires pourraient fausser les résultats. Des études supplémentaires sont nécessaires pour valider cette approche sur de larges populations et dans différents contextes. À ce stade, il s'agit d'une piste de recherche, et non d'une méthode de diagnostic établie. Les scientifiques travaillent actuellement à standardiser les protocoles d'imagerie et à développer des algorithmes capables d'analyser automatiquement les images des vaisseaux rétiniens.

