Des influenceurs américains secrètement payés pour faire de la publicité politique
Sur les réseaux sociaux, il n’est pas rare qu’un influenceur américain affirme son soutien à une personnalité politique. Mais selon une enquête du “New York Times”, ces internautes sont payés, chose qu’ils ne déclarent pas toujours.
Des influenceurs américains, souvent suivis par des centaines de milliers de personnes, font la promotion de candidats politiques sans toujours révéler qu’ils sont rémunérés pour cela. Par exemple, Josh Greene, un influenceur de gauche dont le podcast compte 800 000 auditeurs, a soutenu publiquement une dizaine de candidats démocrates pour des élections locales ou des primaires, sans toujours préciser à ses abonnés qu’il était payé pour le faire. Ce phénomène n’est pas isolé et touche aussi des candidats proches de Donald Trump. Les influenceurs sont souvent contactés par des agences spécialisées dans la création de contenu généré par les utilisateurs, appelées UGC (pour User-Generated Content).
Plutôt que de collaborer avec des stars des réseaux sociaux pour un seul post, certaines campagnes électorales préfèrent payer des créateurs de contenu moins connus pour produire plusieurs vidéos ou publications. Cette stratégie repose sur l’idée qu’inonder les réseaux sociaux de contenus similaires, même moins visibles individuellement, peut générer plus de visibilité qu’un seul message d’une personnalité influente. Par exemple, Paige Dunmeyer, une influenceuse basée au Texas, a produit une dizaine de vidéos pour soutenir la campagne de Tom Steyer, candidat démocrate au poste de gouverneur de Californie, sans mentionner sa rémunération dans ses publications.
Les agences spécialisées dans la création de contenu généré par les utilisateurs, comme SideShift, jouent un rôle central dans ce système. Elles emploient des influenceurs pour produire des vidéos ou des posts à la demande des campagnes politiques, en échange d’un paiement. Paige Dunmeyer, par exemple, a reçu 1 320 dollars pour ses vidéos en faveur de Tom Steyer, et plus de 30 000 dollars (soit plus de 26 000 euros) au total pour diverses campagnes politiques et commerciales. Ces agences encouragent leurs créateurs à respecter les règles de transparence, mais soulignent aussi le besoin de lois plus claires pour encadrer cette pratique.
Un cas illustre les dérives possibles de cette pratique : Paige Dunmeyer a posté des vidéos sur TikTok pour soutenir des candidats dans des États où elle ne vit pas, comme le Michigan ou le Wisconsin, alors qu’elle réside au Texas. Par exemple, elle a incité les internautes à voter pour Haley Stevens, candidate démocrate aux élections sénatoriales du Michigan, tout en se plaignant du coût de la vie dans cet État. Ces incohérences géographiques révèlent une stratégie délibérée pour toucher des audiences ciblées sans transparence. Au total, 87 influenceurs inscrits sur SideShift ont fait de la publicité pour Tom Steyer, Haley Stevens et James Talarico, sans toujours mentionner leur rémunération.
Cette pratique s’inscrit dans le contexte des élections de mi-mandat aux États-Unis, prévues le 3 novembre 2026, où les candidats démocrates et républicains se livrent une bataille acharnée. Les élections sénatoriales et les primaires locales sont particulièrement concernées, avec des enjeux financiers et médiatiques importants. L’article du *New York Times* souligne que cette stratégie permet aux campagnes de contourner les règles de transparence en ligne, où les influenceurs ne sont pas toujours tenus de déclarer leurs partenariats rémunérés. Les agences comme *SideShift* appellent à un encadrement juridique plus strict pour clarifier ces obligations.

