50 euros pour un mâle, 70 pour une femelle : le Portugal part à la chasse aux sangliers
Cultures ravagées, accidents de la route, rencontres fortuites dans les villages : la prolifération des sangliers inquiète les autorités portugaises. Le gouvernement s’apprête à rémunérer les abattages, tandis que plusieurs communes ont déjà pris les devants..
Au Portugal, les sangliers causent d'importants dégâts dans les zones rurales, notamment en ravageant les cultures, en provoquant des accidents de voiture et en s'introduisant dans les propriétés habitées. Par exemple, à São Pedro do Sul, dans le nord du pays, un agriculteur producteur de maïs, José Luís Morujão, passe parfois plusieurs heures immobile dans le froid pour les chasser. Les municipalités locales, comme celle de São Pedro do Sul, financent déjà des associations de chasse pour réduire leur population, avec un budget de 13 000 € versés à 11 associations. Les dégâts sont tels que certains petits agriculteurs pourraient abandonner leurs terres, découragés par les pertes répétées. Le terme sanglier désigne un mammifère sauvage de la famille des suidés, connu pour sa prolificité et sa capacité à causer des dommages aux cultures et aux infrastructures.
L’Institut de conservation de la nature et des forêts (ICNF), une institution portugaise chargée de la protection de l’environnement, estime la population de sangliers au Portugal à environ 400 000 individus. Chaque année, environ 40 000 sangliers sont abattus, mais ces chiffres pourraient être sous-estimés, car de nombreux abattages ne sont pas déclarés officiellement. L’ICNF est une autorité publique qui joue un rôle clé dans la gestion de la faune et de la flore au Portugal. La prolifération des sangliers est un phénomène qui préoccupe les autorités, car elle menace l’équilibre écologique et économique des régions rurales.
Pour tenter de réduire la population de sangliers, le gouvernement portugais lancera un projet pilote en octobre dans les zones les plus touchées. L’objectif est de limiter les dégâts dans les cultures, les incursions dans les zones habitées et les collisions avec les véhicules. Le projet prévoit de rémunérer les chasseurs pour chaque sanglier abattu au-delà de la moyenne des trois années précédentes. Le montant de la prime est de 50 € par mâle et 70 € par femelle. Le gouvernement vise une réduction d’au moins 10 % de la population de sangliers dans ces zones. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large pour protéger les activités agricoles et la sécurité des habitants.
Dans la région du Médio Tejo, au centre du Portugal, la situation est particulièrement préoccupante, notamment dans la commune de Mação. Le maire de Mação, José Martins, décrit une situation dramatique où les sangliers envahissent les propriétés et détruisent les potagers des habitants. Selon lui, cette invasion menace directement la subsistance des agriculteurs locaux. Mação fait partie des onze communes de la région qui se sont portées candidates pour participer au projet pilote du gouvernement. Cette situation illustre l’urgence d’agir pour protéger les moyens de subsistance des populations rurales.
Certaines communes n’ont pas attendu le projet pilote du gouvernement pour agir. Par exemple, à Sardoal, la mairie a décidé de financer des battues organisées par les associations de chasse. Ces battues visent à réduire la population de sangliers, qui s’aventurent parfois jusqu’aux routes nationales et dans les villages, provoquant des accidents. À Sardoal, au moins deux accidents impliquant des sangliers ont été recensés ces derniers mois. Ces initiatives locales montrent une volonté d’agir rapidement pour limiter les dégâts, mais elles soulèvent aussi des questions sur la gestion des carcasses et leur valorisation.
L’un des défis majeurs du projet est de trouver une utilité aux carcasses de sangliers, surtout si les abattages augmentent fortement. Actuellement, une seule unité située à Penafiel accepte la viande de gibier dans tout le pays. Le terme *gibier* désigne les animaux sauvages chassés pour leur viande. La valorisation des carcasses est essentielle pour éviter le gaspillage et encourager les chasseurs à participer au projet. Sans solution pour utiliser ces carcasses, l’efficacité du projet pourrait être limitée, car les chasseurs pourraient hésiter à abattre davantage d’animaux.

