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Géopolitique

Aux Pays-Bas, un parti d’extrême droite ouvre sa propre école

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

Éloge de l’Europe d’autrefois – y compris coloniale –, critique de faits scientifiques, méthodes différenciées pour les filles et les garçons : l’école Renaissance, qui ne compte qu’une poignée d’élèves pour le moment, est un projet du parti d’extrême droite Forum pour la démocratie. Grâce à une nouvelle réglementation, il a pu bénéficier du financement de l’État néerlandais..

École liée à l'extrême droite

En août 2026, aux Pays-Bas, le parti d’extrême droite Forum pour la démocratie (FvD) a ouvert une école primaire nommée Renaissance à Almere, près d’Amsterdam. Cette école est directement associée à ce parti politique, dont le directeur est également membre suppléant au conseil municipal d’Amsterdam. Le FvD est un parti connu pour ses positions controversées, comme l’éloge d’une vision idéalisée de l’Europe, y compris de son passé colonial, ou la remise en cause de certains faits scientifiques. L’école Renaissance marque une volonté de diffuser ces idées auprès des jeunes générations.

Méthodes pédagogiques controversées

L’école Renaissance applique des méthodes pédagogiques qui suscitent des débats. Parmi elles, on note une approche différenciée selon le genre des élèves, avec des enseignements adaptés séparément pour les filles et les garçons. Par ailleurs, l’établissement met en avant une vision historique et culturelle spécifique, incluant des références à l’Europe coloniale. Ces choix éducatifs contrastent avec les programmes scolaires néerlandais traditionnels, qui prônent une éducation neutre et inclusive. L’inspection scolaire néerlandaise avait déjà relevé, lors d’un précédent essai en 2022, des lacunes dans la conformité aux normes éducatives.

Financement public controversé

L’école Renaissance bénéficie d’un financement public, ce qui a provoqué des remous aux Pays-Bas. En effet, depuis 2021, une réglementation néerlandaise permet à une école de recevoir des subventions de l’État si une étude de marché prouve qu’elle pourrait atteindre un nombre suffisant d’élèves à terme. Dans le cas de l’école Renaissance, un bureau d’enquête a estimé que cette condition était remplie, bien que l’école ne comptait que six élèves lors de sa première journée d’ouverture, le 17 août 2026. Ce financement public pose la question de la légitimité de l’utilisation des fonds de l’État pour soutenir un projet éducatif lié à un parti politique controversé.

Historique et difficultés

Ce n’est pas la première fois que le FvD tente de créer une école. Un premier projet avait été lancé en 2022, mais il avait échoué après seulement deux ans, faute de moyens financiers. À l’époque, l’inspection scolaire n’avait recensé que trois élèves présents. Le redémarrage de l’école Renaissance en 2026, avec un financement public, soulève des interrogations sur la viabilité réelle du projet et sur les critères utilisés pour attribuer ces subventions. Les médias néerlandais, comme NRC et Trouw, ont souligné ces incohérences, notamment en comparant les promesses initiales avec la réalité des effectifs.

Ce que ça pourrait changer

L’ouverture de cette école a rapidement attiré l’attention des médias et des responsables politiques néerlandais. Certains y voient une instrumentalisation de l’éducation à des fins partisanes, tandis que d’autres défendent le principe de la liberté scolaire, qui permet à des groupes variés de proposer des enseignements adaptés à leurs valeurs. Le débat porte également sur la capacité de l’État à garantir que les fonds publics ne financent pas des projets éducatifs aux orientations idéologiques extrêmes. Cette situation illustre les tensions entre liberté éducative et neutralité de l’État dans un contexte politique polarisé.

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