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Géopolitique

Après la visite de Kushner et Witkoff à Moscou et Kiev, vers une reprise des négociations ?

Le Grand Continent · mis à jour il y a 13 j

La tentative américaine de reprise du dialogue s’oppose toujours aux revendications maximalistes de Poutine. L’article Après la visite de Kushner et Witkoff à Moscou et Kiev, vers une reprise des négociations ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Visite des émissaires américains

Les 5 et 6 septembre 2026, Steve Witkoff et Jared Kushner, deux représentants de l'administration Trump, se sont rendus respectivement à Moscou puis à Kiev. Witkoff, proche de Donald Trump, effectuait sa première visite en Ukraine depuis janvier 2025, tandis que Kushner, gendre de Trump, a multiplié les déplacements en Russie (huit au total). Leur mission consistait à relancer le dialogue entre les États-Unis, la Russie et l'Ukraine pour tenter de mettre fin à la guerre, qui dure depuis plusieurs années. Avant leur départ, Trump avait évoqué un « plan pour mettre fin à la guerre », sans en dévoiler les détails, mais selon des sources proches des discussions, il s'agirait d'une version révisée de propositions américaines antérieures, comme le plan en 28 points publié en novembre 2025. Ce plan, élaboré sans la participation de l'Ukraine ni des pays européens, reprenait des exigences russes comme la réduction de l'armée ukrainienne ou le retrait des troupes du Donbass.

Propositions et réactions

Les émissaires américains ont présenté des idées déjà discutées, sans apporter de solutions inédites, dans l'objectif de relancer un dialogue interrompu depuis mars 2026 en raison de la guerre contre l'Iran. Selon un responsable américain cité par les médias, des « plans concrets concernant les prochaines étapes » devraient être rendus publics dans les « prochaines semaines ». La dernière proposition connue, le plan en 28 points, exigeait notamment le gel des lignes de front dans les régions de Kherson et Zaporijia, ainsi qu'un engagement ukrainien à ne pas rejoindre l'OTAN. Cependant, lors de leur rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev, Witkoff et Kushner ont reconnu que la guerre avait peu de chances de s'arrêter avant l'hiver 2026. De son côté, le Kremlin a indiqué ne pas exclure un retour au format trilatéral États-Unis-Russie-Ukraine, abandonné en février 2026, tout en réaffirmant que la Russie maintenait ses revendications maximalistes, comme l'élimination des « causes profondes de la guerre » avant tout accord.

Rôle des Européens

Lors de la rencontre à Kiev, des représentants de trois pays européens — la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, appelés E3 — étaient présents, marquant une évolution par rapport aux formats précédents. Ces pays avaient été exclus des négociations en raison de l'opposition russe, Poutine les accusant d'apporter une « aide directe » à l'Ukraine. Malgré cette présence, il est peu probable que les Européens soient invités à participer à de futures rencontres trilatérales. Cependant, une future réunion incluant l'Ukraine, les États-Unis et l'Europe a été évoquée, sans que sa date ne soit fixée. Cette dynamique illustre les tensions persistantes entre les acteurs internationaux sur la manière de gérer le conflit, avec des positions divergentes entre Washington, Moscou et les capitales européennes.

Ce que ça pourrait changer

Les négociations de septembre 2026 n'ont pas permis d'inflexion majeure dans les positions russes ou ukrainiennes. Le conseiller de Poutine, Iouri Ouchakov, a réitéré que la Russie conditionnait tout accord à la résolution des « causes profondes du conflit », une formulation qui laisse peu de marge de manœuvre pour un compromis. De son côté, Zelensky a estimé que la guerre se prolongerait probablement durant l'hiver, tandis que des sources présentes à Kiev ont confirmé qu'aucun accord n'était en vue. Malgré l'optimisme affiché par les émissaires américains, les observateurs s'accordent à dire que les obstacles restent nombreux, notamment en raison des exigences russes jugées inacceptables par Kiev. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour savoir si les discussions pourront aboutir à une reprise durable des négociations.

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