Stelco : « Ils ne peuvent pas prétendre qu’il s’agit là d’un cas de force majeure »
Le PDG de l'entreprise américaine a publiquement soutenu les droits de douane américains sur l'acier..
En 2024, l'entreprise américaine Cleveland-Cliffs a racheté l'aciérie canadienne Stelco, basée à Hamilton en Ontario, avec l'autorisation du gouvernement canadien. Cette acquisition était soumise à des conditions strictes imposées par Ottawa, notamment le maintien de l'ensemble des emplois syndiqués et de la majorité des postes non syndiqués. Stelco est un acteur majeur de la production d'acier au Canada, employant plus de 1 500 travailleurs. Le rachat a été autorisé en vertu de la Loi sur l'investissement Canada, une loi fédérale qui encadre les investissements étrangers pour protéger les intérêts économiques nationaux. Le Canada a accepté ce rachat sous réserve que les engagements pris par Cleveland-Cliffs soient respectés, afin d'éviter des pertes d'emplois massives dans un secteur stratégique.
En octobre 2026, Cleveland-Cliffs a annoncé le licenciement de 500 travailleurs chez Stelco, justifiant cette décision par des difficultés économiques liées à la guerre commerciale entre les États-Unis et d'autres pays. Cependant, la ministre canadienne de l'Industrie, Mélanie Joly, a rejeté cette justification, qualifiant ces licenciements de cas de force majeure comme étant irrecevable. Elle a rappelé que Cleveland-Cliffs avait publiquement soutenu les droits de douane américains sur l'acier, ce qui rendrait cette justification incohérente avec les engagements pris lors du rachat. La ministre a souligné que l'entreprise ne pouvait pas invoquer des facteurs externes pour se soustraire à ses obligations contractuelles envers le gouvernement canadien.
Face à cette situation, la ministre Mélanie Joly a exigé de Cleveland-Cliffs un plan détaillé expliquant comment l'entreprise compte respecter tous ses engagements, notamment le maintien de plus de 1 500 emplois. Elle a averti que si Stelco ne fournissait pas ce plan, le gouvernement canadien prendrait des mesures pour faire respecter ces obligations, y compris en appliquant toute la rigueur de la loi. Cette démarche s'inscrit dans un contexte où le Canada cherche à protéger ses industries stratégiques et à éviter des pertes d'emplois massives. La ministre a également distingué cette situation des récentes réductions d'effectifs dans le secteur automobile, soulignant que les engagements de Cleveland-Cliffs étaient juridiquement contraignants.
La région de Hamilton, où se trouve l'aciérie *Stelco*, dépend fortement de cette industrie pour l'emploi et l'économie locale. Les licenciements prévus pourraient avoir un impact significatif sur la communauté, notamment en termes de chômage et de perte de revenus. Les experts soulignent la nécessité de diversifier les marchés pour *Stelco*, afin de réduire sa dépendance aux fluctuations commerciales internationales. Cette situation met en lumière les tensions entre les politiques commerciales des États-Unis et du Canada, ainsi que les défis auxquels font face les industries lourdes dans un contexte de mondialisation et de protectionnisme croissant.

