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Mineurs et réseaux sociaux : le procès de Meta entre dans le vif du sujet mardi

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 j

Plusieurs États américains réclament à la multinationale près de 200 milliards de dollars de pénalités..

Un procès historique

Mardi 13 mai 2024, le procès opposant Meta à 29 États américains s'ouvre devant un tribunal fédéral d'Oakland, en Californie. Meta, propriétaire de Facebook, Instagram, WhatsApp et d'autres plateformes, est accusé d'avoir rendu les adolescents accros à ses applications, notamment Facebook et Instagram. Les États demandent près de 193 milliards de dollars de pénalités et une refonte des réglages par défaut pour protéger les mineurs, comme limiter le temps d'écran ou désactiver les notifications. Ce procès est le premier d'une série visant aussi TikTok, Snapchat et YouTube. Meta conteste ces accusations et affirme travailler depuis longtemps pour la sécurité des jeunes sur ses plateformes.

Les accusations contre Meta

Les États poursuivent Meta sur trois chefs d'accusation principaux. D'abord, Meta aurait menti au public sur les dangers de ses applications pour les adolescents. Ensuite, l'entreprise aurait conçu des fonctionnalités pour retenir les jeunes, comme des filtres d'apparence ou des outils de limitation du temps d'écran facilement contournables. Enfin, Meta aurait collecté les données personnelles d'enfants de moins de 13 ans sans obtenir le consentement parental, ce qui viole une loi fédérale américaine. Les procureurs comparent cette situation à celle de l'industrie du tabac dans les années 1990 ou à la crise des opiacés, où des entreprises avaient caché des risques pour maximiser leurs profits.

Les acteurs et le déroulement

Le procès est mené par une coalition de 29 États, dont la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey. Quatre procureurs généraux portent l'accusation. Le jury, composé de huit membres, aura un rôle consultatif : la juge Yvonne Gonzalez Rogers, connue pour avoir arbitré des affaires impliquant Apple et Elon Musk, prendra seule la décision finale. Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, est attendu comme témoin vedette. Un ancien ingénieur de Meta, Arturo Bejar, devenu lanceur d'alerte, témoignera également. La juge a rejeté la demande de Meta d'exclure ce témoignage, le qualifiant de solide. Le procès doit durer six semaines.

Les enjeux pour Meta

Meta, qui revendique 3,6 milliards d'utilisateurs sur l'ensemble de ses applications, est déjà lourdement chargé : deux condamnations cette année dans des tribunaux d'État, à Los Angeles et au Nouveau-Mexique, ont été prononcées contre lui, mais l'entreprise a fait appel. Les États demandent des pénalités financières colossales, estimées à 193 milliards de dollars, ainsi que des modifications obligatoires des réglages par défaut pour les mineurs. Pour Meta, dont les bénéfices records financent ses investissements dans l'intelligence artificielle, la principale menace n'est pas seulement financière, mais aussi réputationnelle. Une condamnation pourrait imposer des changements majeurs dans la conception de ses produits, limitant leur attractivité pour les jeunes.

Ce que ça pourrait changer

Ce procès s'inscrit dans un mouvement plus large aux États-Unis, où des familles, des écoles et des États accusent les réseaux sociaux d'avoir dégradé la santé mentale des adolescents. Meta n'est pas le seul visé : TikTok, Snapchat et YouTube font aussi l'objet de procédures similaires. En 2023, une première plainte avait été déposée par 29 États, marquant le début d'un contentieux massif. Par ailleurs, Meta a déjà été condamné à verser plus d'un milliard de dollars pour des dommages causés aux jeunes, et à payer 375 millions de dollars pour avoir mis des enfants en danger. Ces affaires illustrent une prise de conscience croissante des risques liés aux réseaux sociaux pour les mineurs.

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