6 ans de prison pour un camionneur qui a tué deux personnes en jouant sur son cellulaire
Le carambolage mortel avait eu lieu en juillet 2022 sur l’autoroute 30 à Brossard..
Le 15 juillet 2022, un carambolage mortel s'est produit sur l'autoroute 30 à Brossard, une ville située près de Montréal au Québec. Un camionneur, Baljeet Singh, a percuté plusieurs véhicules alors qu'il jouait à un jeu vidéo sur son téléphone portable. Son véhicule, un tracteur routier (poids lourd) tirant une remorque de 53 pieds, a d'abord heurté la voiture conduite par Nancy Lefrançois, 42 ans, tuant cette dernière et son fils Loïc, 11 ans. Trois autres personnes ont été gravement blessées, dont le conjoint de Nancy Lefrançois et son autre fils, Mathis, 16 ans, qui a subi des blessures « considérables ». Un quatrième automobiliste a également été blessé. Selon des témoins, Singh roulait à une vitesse élevée malgré un ralentissement de la circulation, ce qui a aggravé la violence de l'impact.
Baljeet Singh a reconnu sa responsabilité en plaidant coupable à cinq chefs d'accusation de conduite dangereuse causant la mort ou des blessures corporelles. Il a admis avoir utilisé son téléphone pour jouer au moment de l'accident, un comportement interdit par la loi québécoise et canadienne. Le tribunal a estimé que cette utilisation du téléphone portable était un manque total de jugement, d'autant plus grave qu'il conduisait un véhicule lourd. Le juge Sacha Blais a souligné que Singh ne pouvait ignorer les risques liés à la conduite d'un tracteur routier sur une autoroute, où la vitesse et la puissance du véhicule augmentent considérablement les dangers. Singh a exprimé des regrets et présenté des excuses aux victimes et à leurs proches lors de l'audience.
Le 22 mai 2024, le juge Sacha Blais a condamné Baljeet Singh à une peine de six ans de prison. Cette peine a été proposée conjointement par la Couronne (représentant l'État) et la défense, et le juge l'a entérinée car elle n'était pas contraire à l'intérêt public. La peine est considérée comme étant dans le haut de la fourchette des peines pour ce type de crime au Québec. Singh a également reçu une interdiction de conduire d'une durée de 10 ans. Les peines pour les cinq chefs d'accusation (deux morts et trois blessés graves) sont purgées de manière concurrente, c'est-à-dire simultanément, et ne s'additionnent pas. Après déduction de sa détention provisoire (le temps passé en prison pendant les procédures), il lui reste quatre ans et quatre mois à purger.
Les familles des victimes ont réagi avec émotion à la sentence. Mélanie Séguin, belle-mère de Nancy Lefrançois, a exprimé son désaccord, estimant que la peine de six ans était insuffisante. Elle aurait préféré une peine totale de 19 ans (la somme des peines pour les cinq chefs d'accusation). Nancy Lefrançois était décrite comme une personne « unique » et très appréciée par ses collègues. L'accident a détruit une famille : les enfants de Nancy Lefrançois sont désormais orphelins, et Mathis, 16 ans, doit vivre avec les séquelles physiques et psychologiques de ses blessures. Les proches ont souligné que la famille qu'ils connaissaient n'existe plus après cette tragédie.
Le palais de justice de Longueuil, situé dans la région métropolitaine de Montréal, a été le lieu où s'est tenue l'audience. Le juge Sacha Blais a rendu sa décision en présence de Baljeet Singh, menotté, et des familles des victimes. La peine de six ans a été imposée dans le cadre d'une procédure judiciaire où la *Couronne* (le procureur de l'État) et la défense ont trouvé un accord sur la sentence. Le juge a rappelé que, dans ce type de cas, il doit généralement suivre les suggestions communes des avocats, sauf si elles vont à l'encontre de l'intérêt public. Ici, il a jugé que la peine proposée était appropriée, bien qu'elle soit sévère.

