Le Tesla Roadster qui a été montré n’est pas celui avec lequel on pourra rouler
Pour sa présentation du siècle, Tesla a montré les capacités de vol de son nouveau Roadster. Seule la version Rocket aura droit à des propulseurs pour s'envoler, mais elle ne sera pas homologuée pour la route.
Lors de la présentation du nouveau Tesla Roadster dans la nuit du 15 au 16 octobre, le constructeur a organisé un spectacle inédit en faisant voler la voiture. Cette démonstration a mis en avant une version spéciale appelée Roadster Rocket, équipée de propulseurs développés par SpaceX, filiale d’Elon Musk. Ces propulseurs ont permis à la voiture d’effectuer des figures aériennes, comme des pirouettes ou des montées verticales, donnant l’impression d’un véhicule défiant les lois de la physique. L’événement a marqué les esprits par son côté spectaculaire, mais il ne reflète pas les capacités des versions qui seront commercialisées. Tesla a ainsi créé un effet d’annonce autour de ce modèle futuriste, tout en précisant que cette version Rocket ne sera pas disponible pour un usage routier classique.
Tesla propose trois versions du Roadster, chacune avec des caractéristiques et des usages différents. La version Rocket est la plus extrême : elle est équipée de propulseurs répartis autour de la carrosserie, permettant des accélérations et des figures aériennes. Son 0 à 97 km/h est annoncé en moins de 0,59 seconde, ce qui en fait la voiture de série la plus rapide au monde. Cependant, elle ne sera pas homologuée pour la route et ne pourra transporter qu’une seule personne, ce qui la rapproche davantage d’une fusée que d’une voiture traditionnelle. La version Thrust est moins radicale : elle dispose de propulseurs uniquement à l’arrière, avec un 0 à 97 km/h en 0,81 seconde et peut accueillir deux passagers. Enfin, la version Performance est la plus conventionnelle, sans propulseurs, mais avec un 0 à 97 km/h en 1,6 seconde. Toutes les versions promettent une autonomie de 480 km et un système de succion permettant de se plaquer au sol, au mur ou au plafond.
Parmi les trois versions du Roadster, seule la version Performance est présentée comme potentiellement homologuée pour la route à sa sortie prévue en 2028. Tesla précise explicitement que la version Rocket ne sera pas autorisée sur la voie publique, en raison de ses propulseurs et de son usage limité à une seule personne. La version Thrust, bien que moins extrême, reste équipée de propulseurs et est décrite comme « prête pour la course », suggérant une utilisation réservée aux circuits automobiles. Aucune réglementation actuelle ne permet en effet l’utilisation de fusées ou de propulseurs sur les routes publiques. Tesla devra donc adapter le design et les caractéristiques du Roadster pour obtenir les certifications nécessaires avant sa commercialisation. La version Performance, sans propulseurs, semble être la seule candidate viable pour une utilisation quotidienne.
Le Tesla Roadster représente un défi technologique et réglementaire majeur pour le constructeur. Bien que les présentations spectaculaires aient mis en avant des capacités futuristes, la version commercialisable en 2028 devra respecter les normes de sécurité et d’homologation en vigueur. Tesla devra donc revoir certains éléments du design et des fonctionnalités pour se conformer aux exigences légales, notamment en supprimant les propulseurs pour la version routière. L’autonomie annoncée de 480 km et les performances élevées (0 à 97 km/h en 1,6 seconde pour la version *Performance*) restent des arguments forts, mais la faisabilité technique et réglementaire reste à confirmer. Le Roadster incarne ainsi l’ambition d’Elon Musk de repousser les limites de l’automobile, tout en devant composer avec les contraintes du monde réel.

