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Starlink bridé en Ukraine : Elon Musk se défausse sur Donald Trump

Numerama · mis à jour il y a 21 j

Elon Musk a affirmé ce mercredi 14 octobre que le bridage des terminaux Starshield de l'armée ukrainienne relevait « au final » de Donald Trump. Depuis la nuit précédente, ce réseau militaire conçu par SpaceX coupe la connexion au-delà de 160 km/h..

Bridage des terminaux Starshield

Depuis la nuit du 13 au 14 octobre 2024, le réseau Starshield, une version militarisée du service Starlink développé par SpaceX (l’entreprise d’Elon Musk), limite la connexion des terminaux ukrainiens dès que leur vitesse dépasse 160 km/h sur le front. Ce bridage a été constaté par l’armée ukrainienne, qui utilise ces terminaux pour contrôler des drones de combat. Selon Serhii Beskrestnov, conseiller de Volodymyr Zelensky pour les technologies de défense, cette limite empêche l’utilisation des drones intercepteurs ukrainiens, considérés comme la meilleure parade contre les drones Shahed russes. Ces drones, guidés par Starlink, sont essentiels pour protéger l’espace aérien ukrainien. Malgré des améliorations signalées, la limite de 160 km/h restait en vigueur mercredi soir, d’après le ministère ukrainien de la Défense.

Responsabilité renvoyée à Trump

Elon Musk a déclaré le 14 octobre 2024 que la responsabilité du bridage des terminaux Starshield en Ukraine revenait, in fine, à Donald Trump, président des États-Unis. Dans un message adressé à Mykhailo Fedorov, ancien ministre ukrainien de la Défense, Musk a expliqué que Starshield appartient au gouvernement américain et que toute limitation technique est décidée par l’armée américaine, puis validée par le président. Cette affirmation suggère que les réclamations ukrainiennes devraient être adressées à la Maison-Blanche. Musk a également distingué Starlink (service commercial contrôlé par SpaceX) de Starshield (réseau militaire), sans évoquer de restriction sur le premier.

Réactions politiques et enjeux

En Ukraine, des responsables comme Serhii Beskrestnov ont lié cette mesure à la situation politique actuelle, notamment aux critiques de Donald Trump envers les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, jugées responsables de la hausse des prix de l’essence à moins de trois semaines des élections de mi-mandat américaines du 3 novembre 2024. Mykhailo Fedorov a indiqué que la connectivité à 160 km/h était en cours de rétablissement, mais a souligné l’urgence de supprimer totalement cette limite pour la défense ukrainienne. En Pologne, le ministre des Affaires étrangères Radosław Sikorski a reproché à Musk de politiser ses produits technologiques.

Ce que ça pourrait changer

L’incident survient dans un contexte où l’Ukraine dépend fortement de *Starlink* pour ses communications militaires, notamment pour diriger ses drones. Les drones intercepteurs, équipés de terminaux *Starlink*, sont aujourd’hui la solution la plus efficace contre les drones *Shahed* russes. La limitation à 160 km/h prive donc l’Ukraine d’un outil clé dans sa défense aérienne. Par ailleurs, des voix en Europe, comme celle de l’économiste ukrainien *Tymofiy Mylovanov*, ont souligné l’intérêt de développer des alternatives européennes pour réduire cette dépendance. L’épisode illustre aussi les tensions entre acteurs privés, gouvernements et stratégies militaires dans un conflit en cours.

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