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Environnement

« La guerre la plus meurtrière après la Seconde Guerre mondiale est en cours » - et personne n'en parle

Reporterre · mis à jour 6 juil.

La guerre se cache derrière les voitures électriques, les ordinateurs et les téléphones, explique David Maenda Kithoko dans cet entretien. Une exploitation sanglante des ressources du Sud, dénonce cet enseignant et militant.

Conflit oublié en RDC

L’article évoque un conflit armé en cours en République démocratique du Congo (RDC), souvent qualifié de guerre oubliée par les médias internationaux. Ce terme désigne un conflit qui, malgré son ampleur et sa violence, reçoit peu d’attention de la part des observateurs étrangers et des grands titres de presse. La RDC est un pays d’Afrique centrale riche en ressources naturelles comme le cobalt, le cuivre ou l’or, ce qui en fait un territoire stratégique et convoité. Les combats y opposent principalement des groupes armés locaux, des milices et parfois des forces gouvernementales, dans un contexte de grande instabilité politique et économique depuis des décennies. Les populations civiles sont les premières victimes de cette violence, subissant déplacements forcés, violences sexuelles et destructions de leurs moyens de subsistance.

Bilan humain catastrophique

Selon les estimations citées dans l’article, ce conflit aurait causé la mort de plus de 6 millions de personnes depuis son début, principalement en raison de maladies, de malnutrition et de l’effondrement des services de santé. Ces chiffres font de cette guerre l’une des plus meurtrières depuis la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), période durant laquelle environ 60 à 80 millions de personnes ont péri. Les violences directes (combats, exécutions) représentent une partie de ce bilan, mais la majorité des décès sont indirects, liés à l’effondrement des infrastructures et à l’impossibilité pour les populations de se soigner ou de se nourrir correctement. Les organisations humanitaires comme l’ONU ou Médecins Sans Frontières (MSF) alertent régulièrement sur cette crise humanitaire, mais leur voix peinent à se faire entendre dans le débat public.

Causes profondes du conflit

Les racines de ce conflit sont multiples et remontent à l’époque coloniale, mais elles se sont aggravées après l’indépendance de la RDC en 1960. Parmi les causes principales figurent la lutte pour le contrôle des ressources naturelles, comme le cobalt et le coltan, essentiels à la fabrication des smartphones et des batteries électriques. Ces minerais attirent des groupes armés, des entreprises étrangères et des États voisins, qui financent indirectement les violences en échange de l’exploitation illégale de ces ressources. Par ailleurs, l’instabilité politique, les élections contestées et la corruption endémique au sein des institutions congolaises alimentent un climat de violence chronique. Enfin, les tensions ethniques et les rivalités entre milices locales exacerbent les divisions au sein de la population.

Rôle des acteurs internationaux

L’article souligne l’implication indirecte de plusieurs acteurs internationaux dans ce conflit, souvent pour des intérêts économiques ou géopolitiques. La Chine, par exemple, est un acteur majeur dans l’exploitation des minerais congolais, avec des entreprises comme China Molybdenum qui contrôlent des sites miniers stratégiques. Les États-Unis et l’Union européenne, de leur côté, importent ces ressources sans toujours vérifier leur provenance, contribuant ainsi à financer indirectement les groupes armés. Les multinationales technologiques, comme Apple ou Tesla, sont également pointées du doigt pour leur rôle dans la chaîne d’approvisionnement, bien qu’elles affirment mettre en place des mesures pour éviter les minerais de zones de conflit. Enfin, les pays voisins comme le Rwanda ou l’Ouganda sont accusés de soutenir des milices congolaises pour déstabiliser la RDC ou en tirer profit.

Silence médiatique et géopolitique

L’un des paradoxes de ce conflit est son absence quasi totale dans les grands médias internationaux, malgré son bilan humain catastrophique. Plusieurs raisons expliquent ce silence : la complexité de la situation en RDC, qui mêle enjeux locaux, régionaux et internationaux, rend difficile une couverture médiatique claire et accessible. Par ailleurs, les intérêts économiques et géopolitiques des pays occidentaux et de la Chine dans la région peuvent influencer la couverture médiatique, certains sujets étant volontairement minimisés ou ignorés. Enfin, la RDC est souvent perçue comme un pays instable et dangereux, ce qui décourage les journalistes étrangers de s’y rendre. Pourtant, des organisations comme Reporterre ou Le Monde diplomatique tentent de briser ce silence en publiant des enquêtes et des analyses sur le sujet.

Ce que ça pourrait changer

La guerre en RDC a des conséquences dramatiques sur la population, bien au-delà des victimes directes des combats. Plus de 5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, vivant dans des camps de fortune où les conditions sanitaires sont déplorables. Les violences sexuelles, utilisées comme arme de guerre, touchent des milliers de femmes et de filles chaque année, avec des séquelles physiques et psychologiques durables. L’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux soins est extrêmement limité, notamment dans les zones rurales, où les infrastructures ont été détruites. Les enfants sont particulièrement vulnérables : des milliers d’entre eux sont enrôlés de force dans les milices, et beaucoup meurent de malnutrition ou de maladies évitables comme le paludisme ou la diarrhée. Les organisations humanitaires manquent cruellement de fonds pour répondre à ces besoins, et les livraisons d’aide sont souvent bloquées par les combats ou les groupes armés.

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