Élections québécoises : plus compliqué de suivre 5 partis, affirme un sondeur
L’offre variée des partis politiques expliquerait le taux élevé d’électeurs indécis, selon Youri Rivest..
Lors des élections québécoises de 2026, cinq partis politiques principaux se disputent le pouvoir, ce qui rend la campagne électorale plus complexe à analyser que par le passé. Selon Youri Rivest, sondeur associé chez Synopsis, une firme montréalaise spécialisée dans les sondages électoraux, cette multiplication des options politiques crée une offre diversifiée et inédite. Auparavant, le paysage politique québécois était dominé par un bipartisme, c’est-à-dire un système où deux partis principaux se partageaient presque exclusivement les voix. Aujourd’hui, l’électorat est « éclaté » en plusieurs choix, ce qui rend le vote moins prévisible et plus difficile à anticiper. Cette situation explique en partie pourquoi une forte proportion d’électeurs reste indécise au début de la campagne, un phénomène que Rivest qualifie de « plus intéressant » à étudier.
Youri Rivest souligne que la question nationale, autrefois centrale dans les débats politiques au Québec, occupe désormais une place moins déterminante pour les électeurs. Cette question fait référence à la place du Québec dans la Confédération canadienne, notamment en termes d’autonomie ou d’indépendance. Autrefois, elle mobilisait près de 90 % du débat politique, mais aujourd’hui, d’autres sujets comme l’économie, l’environnement ou les inégalités sociales prennent une importance croissante. Le sondeur observe également l’émergence d’un pluralisme politique, c’est-à-dire une diversité d’opinions et de propositions qui reflète la complexité de la société québécoise contemporaine. Cette évolution rend la campagne électorale plus riche, mais aussi plus difficile à suivre pour les citoyens.
Le populisme, un courant politique qui oppose le « peuple » aux « élites » et prône des solutions simples à des problèmes complexes, gagne du terrain dans le paysage politique québécois. Youri Rivest explique que ce phénomène, déjà observable dans d’autres pays occidentaux comme les États-Unis (avec Donald Trump), l’Angleterre ou la France, pourrait influencer les résultats de l’élection québécoise de 2026. Le populisme se caractérise par des discours anti-système, une méfiance envers les institutions traditionnelles et une volonté de donner la parole directement au « vrai peuple ». Rivest précise que ces forces politiques, autrefois marginales, sont désormais des acteurs majeurs qui reconfigurent les dynamiques électorales.
Youri Rivest, sondeur chez Synopsis, explique que la technologie a profondément transformé les méthodes de réalisation des sondages électoraux. Pour les sujets sensibles, il privilégie désormais les sondages en ligne aux sondages téléphoniques. En effet, les répondants sont souvent plus honnêtes dans leurs réponses lorsqu’ils ne sont pas en contact direct avec un intervieweur, car ils craignent moins le jugement social. Rivest note que les gens ont tendance à dire ce qu’ils aimeraient être plutôt que ce qu’ils sont vraiment lorsqu’ils parlent à une personne, un phénomène qu’il qualifie d’acceptabilité sociale inconsciente. Cependant, les firmes de sondage font face à de nouveaux défis, comme l’utilisation d’agents d’intelligence artificielle pour fausser les résultats.
Les firmes de sondage doivent désormais lutter contre des *agents d’intelligence artificielle* (IA) qui tentent de manipuler leurs enquêtes. Ces programmes automatisés, capables de répondre à des questionnaires de manière quasi humaine, rendent le travail des sondeurs plus complexe. Pour les détecter, Synopsis utilise des outils technologiques comme l’analyse de la vitesse de frappe ou des mouvements de souris des répondants. Rivest compare cette situation à un « jeu du chat et de la souris », où les fraudeurs développent sans cesse de nouvelles techniques pour contourner les systèmes de détection. Malgré ces obstacles, les firmes continuent d’adapter leurs méthodes pour garantir la fiabilité des sondages, un outil essentiel pour comprendre les intentions de vote des Québécois.

