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Généraliste

Vols de vélos à Montréal : un fléau incontrôlable?

ICI Radio-Canada · mis à jour 4 sept.

Plus de 2500 vélos volés par année. Pour Vélo Québec, il est temps que la police prenne ces crimes au sérieux.

Un vol symbolique

En août 2026, un homme vole un vélo-cargo électrique d’une valeur de plusieurs milliers de dollars dans un garage de Griffintown, à Montréal. Il laisse derrière lui son propre vélo, moins cher, pour commettre ce vol. La propriétaire, Kim Bruneau, décrit ce vélo comme un objet familial auquel sa famille était très attachée, car il servait à transporter sa fille et leurs chiens. Malgré le dépôt d’une plainte auprès des autorités, elle ne reçoit aucun suivi de la part de la police, ce qui illustre un manque de réactivité des services publics dans la gestion de ces affaires. Elle tente de retrouver son vélo en affichant des avis dans son quartier et en partageant des images de surveillance sur les réseaux sociaux, sans aide policière. Cette situation met en lumière la frustration des victimes face à l’absence de soutien institutionnel.

Des victimes sans espoir

Dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, Marie-Christine Laramée a également été victime d’un vol de vélo, cette fois-ci dans une cage à vélo. Elle garde un espoir de retrouver son vélo grâce à l’application Garage 529, une plateforme conçue pour lutter contre le vol de vélos en permettant aux propriétaires de les enregistrer et de les signaler en cas de disparition. Malgré cela, elle surveille les petites annonces et les campements d’itinérants, où certains vélos volés pourraient se retrouver. Son expérience reflète un sentiment généralisé parmi les cyclistes montréalais : le vol de vélos est devenu une réalité omniprésente, au point que presque tout le monde connaît quelqu’un ayant vécu cette situation. Pour Vélo Québec, une organisation qui défend les intérêts des cyclistes, cette insécurité est un frein majeur à l’adoption du vélo comme moyen de transport quotidien.

Justice personnelle risquée

Certains cyclistes, excédés par l’inaction des autorités, décident de récupérer eux-mêmes leur vélo, malgré les risques encourus. Paola Lau Azevedo a retrouvé son vélo sur Marketplace (une plateforme d’annonces en ligne) 24 heures après son vol et a ignoré les conseils de la police de se rendre d’abord au poste. Elle s’est rendue sur place en taxi, mais a finalement dû appeler la police pour éviter une confrontation dangereuse. Yann Pequignot a également récupéré son vélo près d’un campement, en suivant le voleur et en le reprenant sans violence. Ces exemples montrent un sentiment d’impunité chez les voleurs, mais aussi une frustration croissante des victimes qui n’ont d’autre choix que de se faire justice elles-mêmes. La police de Montréal (SPVM) rappelle que cette pratique est illégale et dangereuse, et recommande de toujours contacter les autorités plutôt que d’agir seul.

Un phénomène concentré

En 2025, 2 653 vélos ont été signalés comme volés à Montréal, selon les données officielles. Cependant, Vélo Québec estime que ce chiffre ne représente qu’une infime partie de la réalité, car de nombreux vols ne sont pas déclarés. Le quartier le plus touché est celui de Ville-Marie Est (poste de quartier 21), avec près de 20 % des vols, soit dix fois plus que dans des quartiers comme Mercier, Notre-Dame-de-Grâce ou Saint-Laurent. Cette concentration s’explique en partie par la densité urbaine et la présence de cibles plus nombreuses dans ces zones. La page Facebook Vélo Volé - Montréal, suivie par plus de 20 000 membres, publie quotidiennement des annonces de vélos disparus, confirmant l’ampleur du phénomène. Pour Kim Bruneau, cette situation est d’autant plus inacceptable que la ville encourage activement la mobilité à vélo, notamment pour les familles.

Solutions et limites

Vélo Québec, qui représente la communauté cycliste, plaide pour des mesures plus strictes, comme la création d’une task force dédiée aux vols de vélos, à l’image de celles mises en place pour lutter contre le vol de voitures. L’organisme propose également d’améliorer les techniques d’enquête et de mieux surveiller les amoncellements de vélos autour des campements, où certains pourraient avoir été volés. Le SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) reconnaît que les vols de vélos, bien que moins prioritaires que les infractions violentes, restent une préoccupation. Michael McDermott, commandant à la sécurité routière, affirme que la police agit dans la mesure de ses moyens, mais admet que ces vols sont difficiles à résoudre en raison de leur fréquence. Les cyclistes, quant à eux, doivent prendre des précautions pour limiter les risques, comme utiliser des cadenas de qualité et attacher leur vélo correctement, bien que ces mesures ne garantissent pas une protection totale.

Ce que ça pourrait changer

Pour réduire les risques de vol, les experts recommandent plusieurs bonnes pratiques. Lamar Timmins, d’*Allo Vélo*, souligne que les câbles fins sont inefficaces face aux outils des voleurs et qu’un cadenas solide peut dissuader les tentatives. Vélo Québec conseille d’attacher le vélo au cadre et aux deux roues, en utilisant un système à déclenche rapide pour la roue arrière. L’enregistrement du vélo sur *Garage 529* est également crucial, car il facilite le retour du vélo à son propriétaire en cas de récupération par les autorités. L’organisme encourage les magasins de vélo à promouvoir cette plateforme, qui compte déjà de nombreux utilisateurs. Malgré ces mesures, la réalité reste préoccupante : aucun cadenas n’est inviolable, et la peur du vol continue de freiner l’adoption du vélo comme moyen de transport principal, notamment pour les familles.

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