Des millions d’Ukrainiens risquent d’être déplacés à nouveau cet hiver, selon l’ONU
Près de 3,6 millions de personnes demeurent déplacées à l'intérieur de l'Ukraine..
L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte sur le risque de déplacement massif de millions d'Ukrainiens cet hiver. Parmi eux, 3,6 millions sont déjà déplacés à l'intérieur du pays, tandis que 3,8 millions sont retournés chez eux après avoir fui les combats depuis février 2022. Cependant, ces retours ne garantissent pas une stabilité : les conditions de vie restent précaires, poussant de nombreuses familles à envisager un nouveau départ. L'OIM souligne que l'intention de repartir est particulièrement forte chez les personnes revenues ces trois derniers mois. Le contexte est marqué par des destructions massives et une insécurité persistante, rendant la question du retour non seulement difficile, mais aussi incertaine.
Près de 1,45 million de personnes ayant regagné leur foyer vivent dans des zones proches de la ligne de front, dont 565 000 dans la région de Kharkiv. Dans ces territoires ruraux, trois personnes sur quatre ont besoin de réparer des murs endommagés, tandis que deux sur trois nécessitent des matériaux pour la toiture et l'isolation. Même lorsque le chauffage est disponible, son coût est souvent prohibitif pour les familles. Ces zones, situées à proximité des combats, subissent des destructions répétées et des restrictions d'accès aux services essentiels, aggravant les conditions de vie des habitants.
L'OIM estime que 2,1 millions de personnes âgées vivent seules dans des immeubles collectifs en Ukraine. Leur situation est particulièrement préoccupante, car elles sont très vulnérables aux interruptions prolongées du chauffage et de l'électricité. Lors de la dernière saison froide, seuls 32 % des ménages en Ukraine ont pu chauffer leur logement de manière adéquate, un chiffre qui chute à 25 % dans les zones proches du front. Ces personnes, souvent isolées, dépendent entièrement des services publics pour leur survie, mais les coupures d'électricité et de chauffage rendent leur quotidien extrêmement difficile.
L'accès à l'eau potable devient une urgence en Ukraine, car les systèmes de distribution dépendent de l'électricité. Des pannes prolongées peuvent priver les personnes les plus vulnérables, comme les personnes âgées, les personnes en situation de handicap ou les résidents de grands immeubles, d'un accès même d'urgence à l'eau. Cette situation aggrave les risques sanitaires et humanitaires, surtout dans les zones déjà fragilisées par les combats. L'OIM souligne que cette dépendance à l'électricité pour l'eau est un enjeu critique, nécessitant des solutions urgentes pour éviter une crise sanitaire.
L'OIM lance un appel urgent pour soutenir la réparation des logements endommagés, améliorer l'isolation des bâtiments et maintenir les services essentiels comme le chauffage et l'électricité. L'organisation souligne que son plan de réponse à la crise en Ukraine n'est financé qu'à moins de 7 %, ce qui limite fortement sa capacité à agir. Elle insiste sur la nécessité d'investir dans des solutions énergétiques durables et décentralisées pour réduire la dépendance aux infrastructures centralisées et mieux résister aux futures perturbations. Sans un soutien accru, les conditions hivernales pourraient aggraver les besoins existants et entraîner un nouveau déplacement massif de populations.
Pour 2,1 millions de personnes déplacées à l'intérieur de l'Ukraine, un retour chez elles est impossible. Leurs habitations sont soit détruites, soit gravement endommagées, soit leur état est inconnu. Ces familles, déjà fragilisées par des années de guerre, se retrouvent sans solution pour faire face à la situation. L'OIM met en garde contre l'absence de perspectives pour ces personnes, dont les besoins en logement et en sécurité restent non satisfaits. Cette situation illustre l'ampleur de la crise humanitaire en Ukraine, où la guerre a laissé des traces profondes et durables sur les infrastructures et les vies des civils.

