«Wicker» : oser l’homme d’osier
Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson parlent d’un film où l’amour entre une femme et un homme d’osier irrite un village..
Le film Wicker se déroule dans un village isolé du Moyen Âge, où le patriarcat (système social où les hommes détiennent le pouvoir) est extrêmement puissant. Les femmes y subissent des contraintes strictes, comme le port d’un collier à verrou imposé par leurs maris pour les empêcher de s’échapper. Ce collier symbolise l’oppression des femmes dans cette société. La pêcheuse, personnage principal, refuse ces normes et choisit de vivre librement, ce qui la marginalise aux yeux des autres villageois.
La pêcheuse, ostracisée pour son odeur de poisson et son refus des traditions, commande au maître vannier (artisan spécialisé dans la fabrication d’objets en osier) un mari d’osier, une poupée en osier censée remplacer un époux humain. Ce choix audacieux déclenche un scandale dans le village, où la majorité des habitants, guidés par la bigoterie (intolérance religieuse), rejettent ce couple improbable. Le film explore ainsi les thèmes de l’amour libre, de la rébellion et de la pression sociale.
Le scénario de Wicker est librement inspiré d’une nouvelle d’Ursula Wills-Jones, intitulée Wicker. L’homme d’osier. Les réalisateurs Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson ont été séduits par l’univers visuel et les thèmes de la nouvelle, notamment la relation entre la pêcheuse et son mari d’osier. Ils ont développé ces éléments pour en faire un film mêlant comédie, drame et fantaisie, tout en conservant l’esprit subversif de l’original.
Dans la nouvelle comme dans le film, les personnages ne portent pas de noms propres mais sont désignés par leur métier ou leur statut social (par exemple, la femme du tailleur ou la fille de l’aubergiste). Cette approche souligne leur rôle dans la société et renforce le contraste avec la pêcheuse, seule à conserver une identité propre. Les réalisateurs ont enrichi ces personnages pour en faire des figures complexes, révélant leurs contradictions et leurs frustrations, notamment à travers le prisme de la misogynie intériorisée.
Le film aborde plusieurs thèmes profonds sous une apparence légère. Il explore notamment la misogynie intériorisée, où certaines femmes, malgré leur oppression, s’en prennent à d’autres femmes plus libres, par jalousie ou par peur. Il interroge aussi les dynamiques de pouvoir dans les relations matrimoniales et la pression sociale exercée par une communauté bigote. Ces enjeux sont traités avec humour et fantaisie, mais toujours en ancrant le récit dans une réalité sociale et émotionnelle.
Le film alterne entre comédie, drame et fantaisie, avec un équilibre subtil. Les réalisateurs soulignent que le ton repose en grande partie sur le choix des acteurs, dont Olivia Colman (la pêcheuse) et Alexander Skarsgård (le mari d’osier). Leur interprétation a permis de donner vie à des personnages à la fois drôles et poignants. Par exemple, les répliques du mari d’osier, bien que prosaïques, sont traitées comme des poèmes, renforçant l’atmosphère poétique du film.
Le film *Wicker* est sorti en salles le **23 octobre 2026**. Il met en vedette des acteurs renommés comme Olivia Colman et Alexander Skarsgård, ainsi que Elizabeth Debicki dans le rôle de la femme du tailleur. Les réalisateurs ont travaillé en étroite collaboration avec les acteurs pour développer leurs personnages, notamment en discutant de leurs aspirations et de leurs frustrations, afin de rendre leurs réactions plus authentiques.

