Charles Darwin avait raison : les humains et les animaux partagent certains goûts musicaux
Une étude récente révèle que les humains et les animaux partagent des préférences musicales, suggérant des racines évolutives communes. Cette découverte surprenante met en lumière des mécanismes sensoriels hérités de l'évolution.
En 2026, une étude publiée dans la revue Science confirme une intuition formulée plus d’un siècle plus tôt par Charles Darwin dans L’Origine de l’homme. Le naturaliste britannique y évoquait l’idée que différentes espèces animales partagent un « goût du beau », c’est-à-dire des préférences esthétiques communes. Cette théorie, longtemps restée hypothétique, vient d’être validée par une expérience menée à grande échelle. Darwin suggérait que ces préférences pourraient avoir une origine évolutive, liée à des mécanismes sensoriels partagés entre les espèces. L’étude de 2026 apporte ainsi un éclairage nouveau sur la façon dont les humains et les animaux perçoivent et apprécient certains sons, bien au-delà des frontières des espèces.
Pour tester l’hypothèse de Darwin, les chercheurs ont conçu un jeu en ligne accessible à tous, auquel plus de 4 000 participants à travers le monde ont pris part. Les volontaires ont écouté 110 paires de chants animaux et devaient indiquer lequel des deux sons ils trouvaient le plus agréable. En parallèle, des études antérieures avaient déjà mesuré l’attractivité de ces mêmes sons auprès des espèces concernées. Les résultats montrent une corrélation frappante : plus une espèce animale manifeste une préférence marquée pour un son donné, plus les humains sont susceptibles de choisir ce même son. De plus, les participants répondaient plus rapidement lorsqu’ils sélectionnaient le chant le plus attractif pour l’animal, suggérant une réaction intuitive et quasi instinctive.
L’équipe de recherche, dirigée par Logan James de l’Université McGill et du Smithsonian Tropical Research Institute, a testé les chants de 16 espèces différentes, dont la grenouille túngara, le diamant mandarin et plusieurs espèces de criquets. Les résultats révèlent que les humains et les animaux partagent des préférences pour des sons de basse fréquence et des ornements acoustiques, comme des clics ou des trilles. Par exemple, les femelles de la grenouille túngara préfèrent les mâles dont le chant comporte des « chucks », des pulsations graves ajoutées au chant principal. Or, les humains réagissent exactement de la même manière. Cette convergence suggère que ces préférences reposent davantage sur des mécanismes biologiques que sur des influences culturelles ou individuelles.
Les préférences acoustiques partagées entre humains et animaux pourraient s’expliquer par des mécanismes sensoriels hérités de l’évolution. Selon les chercheurs, ces goûts musicaux communs pourraient remonter à des ancêtres communs très anciens, bien avant la séparation des lignées humaines et animales. Les sons de basse fréquence, par exemple, sont souvent associés à des signaux de danger ou de reproduction dans le règne animal. Leur attractivité pour les humains pourrait ainsi refléter une adaptation évolutive visant à détecter rapidement des informations cruciales pour la survie ou la reproduction. Cette étude ouvre de nouvelles perspectives sur la façon dont l’évolution a façonné nos perceptions sensorielles.

