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Société

La figure du #MeToo chinois vient d'être libérée, mais que reste-t-il du mouvement?

Slate FR · mis à jour 21 sept.

Cinq ans après l'arrestation de Sophia Huang Xueqin, figure du mouvement #MeToo chinois, les féministes se sont adaptées à la censure. Une nouvelle génération de femmes poursuit la lutte, plus discrètement..

Libération d'une figure

Sophia Huang Xueqin, une journaliste chinoise reconnue comme l'une des principales figures du mouvement #MeToo en Chine, a été libérée le vendredi 18 septembre 2026 après cinq ans de détention. Elle avait été arrêtée en 2021 et condamnée pour « incitation à la subversion du pouvoir de l'État ». Ses proches rapportent des conditions de détention difficiles, incluant des interrogatoires intensifs et une perte de poids importante. Sophia Huang Xueqin s'est illustrée en donnant la parole aux victimes de violences sexuelles à travers ses reportages, contribuant ainsi à populariser le mouvement #MeToo en Chine en 2018.

Censure et répression

Le gouvernement chinois, dirigé par Xi Jinping, exerce une forte pression sur les mouvements féministes, notamment depuis 2018. Les hashtags comme #MeToo ou #WoYeShi (traduction chinoise de #MeToo) ont été progressivement effacés d'internet, et les témoignages de violences sexuelles sont de plus en plus censurés. Des équipes spécialisées sont chargées de recenser et d'ajouter à des listes noires les nouveaux termes inventés par les féministes pour contourner la censure. Le Parti communiste chinois considère ces mobilisations comme une menace, car elles exigent des changements structurels et remettent en cause l'ordre établi.

Stratégies de contournement

Face à la censure, les féministes chinoises ont développé des stratégies pour continuer à militer. Elles utilisent des émojis, comme le riz (米, mi) ou le lapin (兔, tu), dont la prononciation rappelle le mot #MeToo. Les actions militantes s'organisent également sous couvert d'événements artistiques ou culturels pour éviter la répression. Ces méthodes illustrent un « jeu du chat et de la souris » entre les militantes et les autorités, qui adaptent en permanence leurs outils de censure pour étouffer toute velléité de contestation.

Impact du mouvement

Malgré la répression, le mouvement #MeToo a marqué durablement la société chinoise. Le harcèlement sexuel est devenu un sujet de discussion plus ouvert, et certaines politiques universitaires ont évolué pour mieux protéger les femmes. Selon Lu Pin, militante féministe chinoise, #MeToo a surtout renforcé la conscience des droits chez les jeunes femmes, même si les conditions de lutte restent extrêmement difficiles. Cependant, les nouvelles générations de féministes, nées à l'ère du numérique, connaissent peu les luttes passées en raison de leur effacement systématique par l'État.

Ce que ça pourrait changer

Le gouvernement chinois affirme avoir accompli des progrès « historiques » en matière de droits des femmes. Pourtant, les militantes contestent cette vision, soulignant que les avancées restent limitées et souvent symboliques. Pékin met en avant des mesures comme des politiques universitaires plus protectrices, mais ces changements sont perçus comme insuffisants face à l'ampleur des violences et du harcèlement. Les féministes estiment que la société chinoise a évolué dans sa perception des violences sexuelles, mais que la lutte doit se poursuivre malgré les obstacles imposés par le régime.

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