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Iran : les civils pris en étau entre répression « extrême » et guerre, selon un rapport

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 3 j

La réaction de Téhéran face aux manifestations de l'hiver marque une « escalade significative »..

Crise humanitaire en Iran

La population civile iranienne fait face à une situation dramatique, coincée entre deux menaces majeures. D’un côté, le gouvernement iranien mène une répression extrême contre les manifestants, avec des violations graves des droits humains et des crimes contre l’humanité. De l’autre, la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février 2026 par des frappes israélo-américaines, aggrave encore la situation. Selon la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran, ces deux crises se renforcent mutuellement, privant les civils de toute protection. Les enquêteurs de l’ONU soulignent que cette situation est sans précédent, car elle combine une répression interne brutale et les conséquences d’un conflit armé. Les civils subissent ainsi les effets conjugués de la violence étatique et des bombardements extérieurs.

Répression étatique et droits humains

La répression menée par les autorités iraniennes depuis les manifestations de l’hiver 2025-2026 marque un tournant dans l’histoire du pays. Les forces de sécurité ont tué des milliers de civils, selon des ONG, tandis que le gouvernement évoque plus de 3 000 morts, attribuant ces violences à des actes terroristes soutenus par les États-Unis et Israël. Les provinces les plus touchées sont Téhéran, Karaj, Machhad, Ispahan et Rasht. En plus des homicides, les enquêteurs dénoncent des arrestations arbitraires à grande échelle, parfois accompagnées de tortures et d’isolement forcé. La peine de mort est utilisée de manière croissante comme outil d’intimidation, avec au moins 29 exécutions entre mars et août 2026 liées aux manifestations. Plus de 70 personnes, dont des femmes et des mineurs, risquent encore d’être exécutées. Ces pratiques sont qualifiées de crimes contre l’humanité par la mission onusienne.

Censure et isolement des Iraniens

Pour étouffer les contestations, les autorités iraniennes ont restreint drastiquement l’accès à Internet, notamment pendant les manifestations et au début du conflit. Cette coupure des communications vise à empêcher les Iraniens de s’organiser ou de partager des informations avec le reste du monde. Les enquêteurs soulignent que cette stratégie s’inscrit dans une logique plus large de contrôle social, combinant répression physique et isolement numérique. Les lois répressives, renforcées depuis le début des protestations, permettent aux autorités de justifier ces mesures au nom de la sécurité nationale. Cette stratégie aggrave la vulnérabilité des civils, qui se retrouvent sans moyen de signaler les violations ou de demander de l’aide.

Guerre et crimes de guerre présumés

Le conflit au Moyen-Orient, déclenché fin février 2026 par des frappes israélo-américaines, a aggravé la crise humanitaire en Iran. Les enquêteurs de l’ONU accusent les États-Unis d’avoir commis des crimes de guerre lors de ces attaques, notamment en bombardant des zones civiles sans discrimination. Deux exemples sont cités : une frappe contre une école primaire à Minab, ayant tué plus de 150 personnes dont environ 120 enfants, et une autre contre un complexe sportif et une zone résidentielle à Lamerd, faisant 22 morts. Ces attaques, selon le rapport, visaient des cibles clairement identifiables comme civiles. La mission appelle à l’arrêt immédiat des hostilités et à la protection des populations.

Ce que ça pourrait changer

Face à l’ampleur des violations des droits humains et des crimes de guerre présumés, la *Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran* a formulé plusieurs recommandations. Elle demande à l’Iran et aux États-Unis de cesser immédiatement toutes les violations et de mettre fin aux hostilités. Les experts appellent également à la protection des civils et à la fin des frappes indiscriminées. Le rapport souligne que ces crimes, qu’ils soient commis par le gouvernement iranien ou par les forces américaines, doivent faire l’objet d’enquêtes indépendantes et de poursuites. La mission insiste sur l’urgence d’agir pour éviter une escalade supplémentaire de la violence et protéger les populations civiles.

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