L’auteur primé Simbarashe Steyn Kundizeza à son tour soupçonné d’avoir utilisé l’IA
Les doutes sur l’usage de l’intelligence artificielle continuent de faire des vagues dans le milieu littéraire. Le Zimbabwéen Simbarashe Steyn Kundizeza, distingué par le prix Caine qui récompense chaque année une nouvelle écrite par un auteur africain, fait l’objet d’un article à charge de “The Atlantic”, qui le soupçonne d’avoir eu recours à un agent conversationnel..
Le 7 octobre 2026, l'écrivain zimbabwéen Simbarashe Steyn Kundizeza a reçu le prestigieux Prix Caine pour l'écriture africaine pour sa nouvelle intitulée The Blue Fighter. Ce prix, créé pour récompenser chaque année une nouvelle écrite par un auteur africain, s'accompagne d'une dotation financière de 13 000 dollars, soit environ 11 600 euros. Parmi les lauréats précédents figurent des auteurs aujourd'hui reconnus mondialement, comme la Zambienne Namwali Serpell ou la Zimbabwéenne NoViolet Bulawayo. La nouvelle primée raconte l'histoire d'un jeune garçon nommé Tinashe et de sa famille, confrontés à des difficultés financières après que son père a quitté son emploi pour se lancer dans la construction d'aquariums.
Quelques jours après l'attribution du prix, le magazine américain The Atlantic a publié un article accusant Simbarashe Steyn Kundizeza d'avoir utilisé un agent conversationnel, c'est-à-dire un outil d'intelligence artificielle (IA) pour rédiger sa nouvelle. L'article, signé Vauhini Vara, critique sévèrement le style et le contenu de The Blue Fighter, qualifiant le texte de mauvais, larmoyant et rempli de clichés éculés. Cette accusation s'inscrit dans une série de controverses récentes concernant l'utilisation de l'IA dans la création littéraire, où des soupçons similaires ont déjà visé d'autres auteurs primés.
La critique portée par The Atlantic ne se limite pas à l'accusation d'usage de l'IA. Vauhini Vara juge également que la nouvelle manque de profondeur et de originalité, avec une narration jugée trop prévisible et des personnages stéréotypés. Elle souligne que l'histoire, bien que centrée sur des thèmes universels comme la pauvreté et la résilience familiale, ne parvient pas à captiver le lecteur. Cette évaluation littéraire, bien que subjective, ajoute une dimension supplémentaire au débat en questionnant la qualité intrinsèque du texte primé.
L'article de *The Atlantic* a relancé un débat plus large sur l'éthique de l'utilisation de l'IA dans la création artistique et littéraire. Alors que certains y voient une menace pour l'intégrité de la création humaine, d'autres considèrent ces outils comme une aide légitime à la création. Cette affaire intervient dans un contexte où l'IA générative, capable de produire des textes, des images ou de la musique, devient de plus en plus accessible. Pour le *Prix Caine*, qui valorise traditionnellement le talent et la créativité des auteurs africains, cette polémique soulève des questions sur la transparence et les critères de sélection des lauréats.

