« Fuck la planète » : comment les puissants ont fait le choix du réchauffement climatique
Depuis le milieu du XX e siècle, la nocivité des pollutions industrielles sur le climat est clairement établie. Mais les sociétés riches occidentales ont préféré passer outre, nous montre avec pertinence un documentaire Arte.
L’article s’ouvre sur le titre « Fuck la planète », une expression choc qui reflète une critique radicale des choix politiques et économiques ayant conduit au réchauffement climatique. Ce titre fait référence à une citation attribuée à des dirigeants ou responsables influents, symbolisant leur mépris apparent pour les enjeux environnementaux. L’auteur utilise cette provocation pour interroger la responsabilité des élites dans la crise climatique, en s’appuyant sur des archives et des témoignages. Le ton volontairement direct vise à susciter une prise de conscience immédiate chez le lecteur.
L’article remonte aux années 1970-1990, période où les alertes scientifiques sur le réchauffement climatique se multiplient, notamment avec les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Pourtant, malgré ces mises en garde, les gouvernements et les grandes entreprises maintiennent des politiques favorisant les énergies fossiles. Par exemple, aux États-Unis, l’administration de Ronald Reagan (1981-1989) et celle de George H.W. Bush (1989-1993) réduisent les régulations environnementales et soutiennent l’industrie pétrolière. En Europe, des pays comme l’Allemagne ou la France continuent de subventionner le charbon et le pétrole, malgré les engagements internationaux.
Les lobbies des industries fossiles, comme l’American Petroleum Institute (API) ou ExxonMobil, jouent un rôle central dans ce blocage. Dès les années 1970, ces groupes financent des campagnes de désinformation pour minimiser les risques climatiques. Par exemple, ExxonMobil savait dès 1977 que la combustion de ses produits contribuait au réchauffement, mais a caché ces informations pendant des décennies. En 2015, une enquête révèle que l’industrie pétrolière a dépensé plus de 2 milliards de dollars américains (2 milliards de dollars) en lobbying contre les politiques climatiques entre 2000 et 2016. Ces actions retardent l’adoption de mesures contraignantes, comme la taxe carbone ou les quotas d’émissions.
Les négociations climatiques, comme le Protocole de Kyoto (1997) ou l’Accord de Paris (2015), sont souvent présentées comme des avancées majeures, mais leur efficacité reste limitée. Le Protocole de Kyoto, entré en vigueur en 2005, impose aux pays développés de réduire leurs émissions de 5,2 % en moyenne d’ici 2012 par rapport à 1990. Pourtant, les États-Unis, premier émetteur mondial à l’époque, le rejettent en 2001, tandis que la Chine et l’Inde, en pleine industrialisation, ne sont pas soumis à des obligations. L’Accord de Paris, signé par 196 pays, fixe un objectif de limiter le réchauffement à 2 °C, mais ses engagements volontaires (NDC, Nationally Determined Contributions) sont insuffisants pour atteindre cet objectif.
L’article souligne que les États, malgré leurs discours écologistes, continuent de subventionner les énergies fossiles. En 2022, les subventions mondiales aux énergies fossiles atteignent 7 000 milliards de dollars américains (7 000 milliards de dollars), soit 7,1 % du PIB mondial, selon le FMI. Ces aides prennent la forme de réductions d’impôts, de garanties de prix ou de financements publics. Par exemple, en France, les subventions aux énergies fossiles s’élèvent à 11 milliards d’euros (11 milliards d’euros) par an. Les élites politiques et économiques, souvent liées à ces industries, freinent les transitions vers des modèles durables, privilégiant les profits à court terme.
Les choix passés ont des répercussions dramatiques aujourd’hui. En 2023, la concentration de CO₂ dans l’atmosphère atteint 420 parties par million (ppm), un niveau inédit depuis 3 millions d’années. Les températures mondiales ont augmenté de 1,1 °C depuis l’ère préindustrielle, entraînant une multiplication des événements climatiques extrêmes : canicules, sécheresses, inondations et cyclones. Selon l’ONU, sans action radicale, le réchauffement pourrait atteindre 2,7 °C d’ici 2100, avec des conséquences catastrophiques pour les écosystèmes et les populations, notamment les plus vulnérables. Les scientifiques alertent sur des points de bascule (tipping points), comme la fonte du permafrost ou la disparition de la calotte glaciaire du Groenland, qui pourraient accélérer le changement climatique de manière irréversible.
Malgré l’urgence, des solutions existent mais sont systématiquement freinées. Les énergies renouvelables, comme l’éolien ou le solaire, sont compétitives en coût depuis les années 2010, mais leur déploiement reste lent en raison des résistances des industries fossiles et des gouvernements. Par exemple, en Allemagne, le *Energiewende* (transition énergétique) a permis de réduire la part du charbon, mais le pays continue d’importer du gaz russe et de construire des terminaux de GNL (*Gaz naturel liquéfié*). En France, le nucléaire, souvent présenté comme une solution, voit son développement ralenti par des débats politiques et des coûts élevés. Les technologies de capture de CO₂ (*CCS*, *Carbon Capture and Storage*) sont également promues, mais leur efficacité et leur scalabilité restent limitées.

