Les Houthis revendiquent une quarantaine de frappes en Arabie saoudite
Le conflit s’intensifie encore au lendemain d’une attaque d’ampleur, sur fond de guerre Iran-États-Unis..
Les rebelles houthis, un groupe armé soutenu par l’Iran, ont annoncé avoir mené plus de 40 frappes aériennes contre l’Arabie saoudite en moins de 24 heures, selon leur chaîne de télévision al Masirah. Ces attaques surviennent après une journée marquée par des tirs houthis ayant blessé 73 personnes en Arabie saoudite et forcé l’arrêt temporaire de plusieurs installations pétrolières. Les zones ciblées par les frappes saoudiennes incluent les gouvernorats de Marib, Al-Jawf, Taëz et Hodeida, des régions clés du conflit yéménite. L’Arabie saoudite, qui n’a pas encore réagi publiquement, a brièvement émis une alerte pour une possible attaque à Khamis Mushait, une zone frontalière déjà visée la veille. Ces événements illustrent une reprise des hostilités après une trêve fragile en place depuis 2022.
La guerre au Yémen oppose les Houthis, un mouvement chiite soutenu par l’Iran, aux forces progouvernementales, soutenues par une coalition menée par l’Arabie saoudite depuis 2014. Ce conflit a causé des centaines de milliers de morts et plongé le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans une crise humanitaire majeure. En 2022, une trêve négociée sous l’égide de l’ONU avait permis une relative accalmie, mais les tensions ont resurgi en juillet 2026 lorsque les Houthis ont autorisé un avion iranien à atterrir au Yémen, défiant le contrôle saoudien sur l’espace aérien yéménite. Le gouvernement yéménite reconnu internationalement a riposté en bombardant l’aéroport, déclenchant une nouvelle phase de violences.
Depuis le début d’une nouvelle offensive houthie le 5 septembre 2026, les combats ont fait plus de 500 morts, principalement des combattants des deux camps, selon l’AFP. Les Houthis ont également annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut, et ciblé ses navires pétroliers ainsi que des infrastructures sur son territoire, dont une raffinerie. Leur objectif est de progresser vers les zones bordant le détroit de Bab el-Mandeb, un passage stratégique reliant l’Asie à l’Europe via la mer Rouge et le canal de Suez. Ce détroit, tout comme celui d’Ormuz à l’autre extrémité de la péninsule arabique, est crucial pour le transport mondial de pétrole et de gaz.
L’Union européenne a appelé les Houthis à cesser immédiatement toutes leurs attaques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Yémen, qualifiant l’escalade de « dangereuse ». Parallèlement, les tensions régionales s’intensifient avec l’Iran, qui a revendiqué des frappes contre une base militaire américaine en Jordanie et contre plusieurs navires américains dans le Golfe. L’Iran affirme avoir endommagé des infrastructures abritant des avions de combat F-35, F-16 et F-15 à la base d’Al-Azraq, située à 100 km à l’est d’Amman. L’armée jordanienne a indiqué que 20 missiles iraniens avaient été tirés, dont 18 interceptés. Ces événements surviennent dans un contexte où les cours du pétrole ont dépassé les 100 dollars le baril pour la première fois depuis fin juillet 2026.
Le conflit au Yémen s’inscrit dans un embrasement régional plus large, déclenché par une offensive américano-israélienne contre l’Iran fin février 2026. Les belligérants se disputent désormais le contrôle du détroit d’*Ormuz*, par lequel transite habituellement un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz. Les négociations diplomatiques restent au point mort, tandis que les attaques se multiplient des deux côtés. L’Arabie saoudite, déjà touchée par les frappes houthis, voit ses infrastructures pétrolières menacées, ce qui pourrait perturber l’approvisionnement énergétique mondial. La situation illustre les tensions persistantes entre l’Iran et ses adversaires, avec des répercussions économiques globales.

