Les émissaires de Trump en Ukraine pour la première fois
C’est la première visite en Ukraine de Steve Witkoff et Jared Kushner depuis le début de leur médiation..
Steve Witkoff et Jared Kushner, deux proches de Donald Trump, ont effectué leur première visite en Ukraine depuis le début du conflit. Witkoff est un homme d'affaires américain, tandis que Kushner est le gendre du président américain et a également travaillé comme conseiller à la Maison-Blanche. Ils sont arrivés à Kiev en train, après avoir atterri en Pologne, près de la frontière ukrainienne. Leur mission consiste à proposer une solution pour mettre fin à la guerre entre l'Ukraine et la Russie, qui dure depuis février 2022. Cette guerre, déclenchée par l'invasion russe, est considérée comme la plus meurtrière en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Trump a affirmé que ses émissaires portaient une proposition pour la paix, bien que les détails n'aient pas encore été rendus publics.
Avant leur arrivée en Ukraine, Witkoff et Kushner ont rencontré Vladimir Poutine à Moscou pendant trois heures. Le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, a qualifié cette rencontre de constructive, extrêmement franche et empreinte de confiance. Les émissaires américains y ont présenté plusieurs idées pour un règlement du conflit, bien que ces propositions n'aient pas été dévoilées. En Ukraine, ils ont ensuite discuté avec le président Volodymyr Zelensky, qui a souligné l'importance d'une paix rapide et de garanties de sécurité. Zelensky a également mentionné que l'Ukraine était prête à travailler de manière coordonnée et réaliste pour mettre fin à la guerre.
Les négociations entre l'Ukraine et la Russie butent principalement sur la question des territoires occupés. La Russie exige que l'armée ukrainienne se retire entièrement de la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, ce que Kiev refuse catégoriquement. Cette région, comme d'autres zones occupées, est au cœur des tensions depuis le début du conflit. Les positions des deux pays restent éloignées, et aucune avancée tangible n'a été enregistrée jusqu'à présent. Les discussions se poursuivent, mais les attentes de la population ukrainienne restent prudentes, voire sceptiques, en raison des échecs répétés des tentatives de paix précédentes.
Les habitants de Kiev expriment des sentiments mitigés face à ces nouvelles négociations. Ioulia, une Ukrainienne de 41 ans originaire de territoires occupés, souhaite que les discussions aboutissent à une paix préservant les territoires ukrainiens. Cependant, elle se montre méfiante envers le Kremlin, évoquant ses pratiques impériales envers l'Ukraine. Iaroslav, un habitant de Kiev âgé de 29 ans, est plus sceptique : il estime que les négociations n'ont jusqu'à présent pas abouti à des résultats concrets et que les espoirs de paix sont faibles. Ces réactions reflètent une certaine lassitude de la population face à un conflit qui dure depuis plus de deux ans.
À l'occasion de ces négociations, Vladimir Poutine a ordonné une cessation des frappes sur Kiev pour une période de trois jours, du samedi au lundi. En réponse, Volodymyr Zelensky a annoncé un arrêt des attaques visant Moscou pendant la même durée. Cependant, les hostilités se poursuivent ailleurs en Ukraine et en Russie. Dans la nuit du samedi au dimanche, Moscou a lancé 108 drones et des missiles S8000 Banderol sur l'Ukraine, dont la plupart ont été abattus par l'armée ukrainienne. Malgré cela, 11 sites en Ukraine ont été touchés. En Russie, l'armée affirme avoir neutralisé 258 drones ukrainiens. Ces échanges de tirs montrent que le conflit reste actif, même pendant les périodes de trêve partielle.
Les attaques récentes ont causé des dégâts humains et matériels des deux côtés. En Ukraine, au moins trois civils ont été blessés lors de frappes nocturnes et matinales. En Russie, un homme a été tué et une femme blessée lors d'une attaque de drone ukrainien sur leur véhicule dans la région de Belgorod. Par ailleurs, un incendie a touché une entreprise à Riazan, en Russie, où les autorités locales évoquent une possible raffinerie. Ces incidents illustrent la violence persistante du conflit, malgré les tentatives de négociation. Les autorités locales des deux pays rapportent régulièrement des bilans humains et matériels, reflétant l'intensité des combats.
Les émissaires américains ont indiqué que des plans substantiels pour les prochaines étapes des négociations seraient annoncés dans les semaines à venir. Un porte-parole de la Maison-Blanche a confirmé que les discussions avec la Russie et l'Ukraine se poursuivaient, bien que la situation reste complexe. Donald Trump a évoqué une *idée pour la paix*, sans préciser si celle-ci impliquait une cession de territoires ukrainiens, comme il l'avait suggéré précédemment. Il a également attribué le déclenchement de la guerre à un problème de personnalité entre Zelensky et Poutine. Ces déclarations laissent planer un doute sur les véritables intentions des parties prenantes et sur l'issue des négociations.

