Les plus hauts arbres du monde sont menacés par le réchauffement climatique, selon une nouvelle étude
La hausse des températures perturbe la photosynthèse des séquoias à feuilles d'if. Un nouveau rapport estime que cela pourrait avoir des conséquences sur l'avenir de cette espèce végétale..
Les séquoias à feuilles d'if, considérés comme les arbres les plus hauts du monde, sont aujourd'hui menacés par le réchauffement climatique. Ces conifères, apparus il y a plus de 20 millions d'années, se sont progressivement concentrés sur les côtes brumeuses du nord de la Californie et du sud de l'Oregon en raison des variations climatiques passées. Leur aire de répartition naturelle a été réduite à seulement 5% de sa taille initiale, principalement à cause de la déforestation. Une étude publiée en septembre 2026 dans la revue JGR Biogeosciences révèle que la hausse des températures perturbe gravement les mécanismes biologiques qui maintiennent ces arbres en vie, aggravant ainsi une situation déjà fragile.
La photosynthèse, processus par lequel les plantes transforment la lumière du soleil en énergie, est fortement affectée par la chaleur chez les séquoias. Une équipe de chercheurs de l'université de Californie à Davis a mené des mesures entre juillet 2022 et octobre 2024, révélant que la photosynthèse diminue significativement lors des périodes de stress thermique. Lily Klinek, autrice principale de l'étude, souligne que ces résultats constituent un premier pas pour identifier les zones les plus menacées et préserver ces écosystèmes. Les séquoias prospèrent dans des régions où les températures moyennes sont d'environ 15°C, mais leur capacité à s'adapter à des températures plus élevées semble désormais limitée.
Les séquoias régulent normalement leur température grâce à des petits orifices appelés stomates, situés sur leurs feuilles. Ces stomates permettent aux arbres de respirer en absorbant le dioxyde de carbone et en libérant de l'oxygène, tout en transpirant pour se rafraîchir. Cependant, avec le réchauffement climatique, les brouillards côtiers, source d'humidité essentielle, se raréfient. Les séquoias ferment alors leurs stomates pour conserver l'eau, ce qui fait monter la température de leurs feuilles jusqu'à 11°C de plus que l'air ambiant lorsque les températures dépassent 30°C. Ce mécanisme, normalement protecteur, devient contre-productif et menace leur survie.
Les scientifiques estiment que les températures maximales annuelles dans la région côtière pourraient augmenter de 6,8°C d'ici la fin du siècle, selon des rapports du Scripps et du service des forêts des États-Unis. Cette hausse menace directement la capacité des séquoias à survivre, car ces arbres ne peuvent plus s'adapter à ces nouvelles conditions. Les chercheurs soulignent que cette vulnérabilité pourrait s'étendre à d'autres forêts tempérées, soulignant l'urgence de prendre en compte les seuils thermiques dans les évaluations de résilience climatique. La situation actuelle est décrite comme la plus difficile de l'histoire de ces arbres, déjà fragilisés par les incendies de forêt plus fréquents.
L'étude menée par Lily Klinek et son équipe vise à anticiper les évolutions futures et à identifier les zones où les séquoias sont les plus menacés. Les chercheurs insistent sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures pour préserver la santé de ces écosystèmes, comme la protection des forêts restantes ou la restauration des zones dégradées. Ils rappellent que les séquoias, bien que résistants, ne peuvent pas s'adapter indéfiniment à des températures aussi élevées. Cette recherche s'inscrit dans une tendance plus large concernant la vulnérabilité des forêts tempérées face au changement climatique, un enjeu majeur pour la biodiversité et les écosystèmes mondiaux.

