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Droit

Soudan : l’ONU redoute un nouveau drame à El Obeid, dans le Kordofan

ONU : Droits humains · mis à jour 18 juin

L’ONU a tiré la sonnette d’alarme jeudi face au risque d’une offensive imminente contre El Obeid, capitale de l’État du Kordofan du Nord, au Soudan, mettant en garde contre une catastrophe humanitaire et de nouvelles atrocités contre les civils..

Alerte de l'ONU

L’Organisation des Nations unies (ONU) a lancé une alerte le 18 juin 2026 concernant une possible offensive militaire imminente contre El Obeid, une ville du Kordofan du Nord au Soudan. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exprimé sa profonde inquiétude face à l’intensification des combats autour de cette ville stratégique. Les attaques de drones et les bombardements ont déjà causé des victimes civiles et endommagé des infrastructures essentielles, comme des stations-service ou des camions de ravitaillement. Selon le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, un important déploiement de troupes des Forces de soutien rapide (FSR) a été observé aux abords d’El Obeid, ce qui pourrait annoncer une attaque terrestre imminente. L’ONU craint que cette situation ne dégénère en une catastrophe humanitaire, similaire à celle vécue précédemment à El Fasher, une autre ville du Soudan.

Contexte du conflit

Depuis avril 2023, le Soudan est en proie à une guerre civile opposant deux forces principales : les Forces armées soudanaises (FAS), c’est-à-dire l’armée régulière du pays, et les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire. Cette guerre a déjà causé des milliers de morts et des déplacements massifs de populations. El Obeid, capitale du Kordofan du Nord, est un carrefour logistique crucial pour l’aide humanitaire dans la région. Malgré les combats, des organisations humanitaires continuent d’y apporter une assistance, mais la situation sécuritaire se dégrade rapidement. Les frappes de drones, notamment contre des infrastructures civiles, aggravent la crise en perturbant l’accès aux services de base pour la population.

Risques pour les civils

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a mis en garde contre les graves violations des droits humains qui pourraient survenir en cas d’offensive contre El Obeid. Il a évoqué des risques d’exécutions sommaires, d’enlèvements, de détentions arbitraires et d’autres violences contre les civils, en s’appuyant sur des exemples documentés l’an dernier à El Fasher et dans le camp de déplacés de Zamzam, au Darfour du Nord. Une attaque contre El Obeid pourrait aggraver une situation déjà critique, avec plus de dix-huit mois de conditions assimilables à un siège pour la population locale. Les travailleurs humanitaires ne sont pas épargnés : un d’entre eux a déjà été tué lors d’une frappe dans un quartier résidentiel de la ville.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette escalade, António Guterres et Volker Türk ont appelé toutes les parties au conflit à faire preuve de retenue et à protéger les civils. Ils ont insisté sur la nécessité de garantir la sécurité des travailleurs humanitaires et la libre circulation de l’aide. Le Secrétaire général a également demandé que les civils puissent quitter El Obeid en toute sécurité s’ils le souhaitent, tandis que ceux qui restent doivent être protégés et avoir accès à l’assistance nécessaire. Les deux responsables ont enfin sollicité l’intervention des États ayant une influence sur les parties en conflit pour éviter un nouveau bain de sang et favoriser une solution négociée. Cette guerre, qui dure depuis plus de trois ans, a déjà causé d’immenses souffrances au Soudan.

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