Les combats au Yémen provoquent des déplacements de civils à “une échelle dévastatrice”
L’offensive éclair des rebelles houthistes, qui se sont emparés de la côte de la mer Rouge jusqu’au détroit de Bab El-Mandeb, provoque un nouvel exode de population civile. Les réfugiés affluent notamment à Taez, mais aussi à Aden, la capitale provisoire.
Les rebelles houthistes, un groupe armé yéménite soutenu par l’Iran, ont lancé une offensive éclair en septembre 2026. Ils ont pris le contrôle d’une large portion de la côte yéménite, s’étendant de la mer Rouge jusqu’au détroit de Bab El-Mandeb, une zone stratégique pour le commerce maritime mondial. Cette avancée rapide a provoqué un mouvement massif de civils fuyant les combats. Les villes de Taez et Aden, déjà sous pression, sont particulièrement menacées et deviennent des destinations pour les déplacés. Le détroit de Bab El-Mandeb est une voie maritime cruciale, reliant la mer Rouge à l’océan Indien et permettant le passage de 12 % du commerce mondial de pétrole.
Entre le 1er et le 15 septembre 2026, plus de 122 000 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer au Yémen, selon les autorités locales et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ces déplacements s’ajoutent à une crise humanitaire déjà existante : fin 2025, 4,8 millions de Yéménites étaient déjà en situation de déplacement interne, sur une population totale d’environ 41 millions d’habitants. Parmi eux, 80 % sont des femmes et des enfants, particulièrement vulnérables aux risques de malnutrition, de maladies, de violences et d’exploitation. Plus de 22 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d’assistance humanitaire dans le pays.
Le Yémen fait face à une crise humanitaire parmi les plus graves au monde. Les déplacements massifs de population exacerbent les problèmes existants : accès limité à l’eau potable, insécurité alimentaire, effondrement des services de santé et éducation, et risques accrus de maladies comme le choléra. Les femmes et les enfants, majoritaires parmi les déplacés, sont les plus touchés. Les organisations humanitaires, comme le centre de recherche Sanaa Center, soulignent que ces déplacements atteignent désormais une échelle dévastatrice, avec des conséquences durables sur la stabilité sociale et économique du pays. La situation est aggravée par l’effondrement des infrastructures et la dépendance à l’aide internationale.
Les réactions internationales à cette crise restent limitées, malgré l’ampleur des déplacements. Les organisations humanitaires, comme l’OIM, appellent à une réponse urgente pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus grave. Cependant, les acteurs internationaux peinent à coordonner une action efficace, en raison des divisions politiques et des intérêts géostratégiques en jeu dans la région. La communauté internationale a déjà du mal à financer les opérations d’aide au Yémen, où plus de 22 millions de personnes dépendent de l’assistance humanitaire. Les appels à la trêve et à la protection des civils restent sans réponse concrète.
La guerre au Yémen oppose principalement les rebelles houthistes, soutenus par l’Iran, aux forces progouvernementales, soutenues par une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite. Ce conflit, qui dure depuis plus de huit ans, a plongé le pays dans une crise politique, économique et humanitaire sans précédent. Les houthistes, qui contrôlent déjà une grande partie du nord du pays, cherchent à étendre leur influence vers le sud, notamment vers les villes stratégiques comme Aden et Taez. Leur avancée récente vers le détroit de Bab El-Mandeb menace non seulement la stabilité du Yémen, mais aussi la sécurité des routes maritimes internationales.

